Le centre pour mineurs non accompagnés (MNA) de Châteauneuf-Grasse, installé dans l'ancien hôtel Campanile au Pré-du-Lac depuis mars 2023, connaît une accalmie notable depuis plusieurs mois. Les rixes, tensions avec les riverains et incidents qui ont marqué ses débuts semblent appartenir au passé, selon les témoignages concordants du maire, des habitants et de la gendarmerie. Cette amélioration coïncide avec l'arrivée d'un nouvel opérateur, l'association Paje, en janvier 2026, qui a remplacé Entraide Pierre Valdo, et avec des travaux importants réalisés dans la structure.
Un apaisement constaté par tous
« C'est le jour et la nuit par rapport à avant », confie une riveraine du chemin du Cabanon, qui avait un temps « songé à partir ». Elle évoque seulement « un peu de bruit cet été, le soir, notamment pendant la Coupe du Monde de foot », mais rien de notable. Le maire de Châteauneuf-Grasse, Emmanuel Delmotte, partage ce constat : « Je n'ai pas été appelé sur place par les voisins depuis des mois, il y a bien moins d'incivilités signalées. » La compagnie de gendarmerie de Grasse confirme un « changement radical » et indique n'être « quasiment plus intervenue sur place depuis le 1er janvier dernier ».
Un changement de gestionnaire et des conditions améliorées
Cette date du 1er janvier 2026 n'est pas anodine. C'est à ce moment que le Département, en charge de la protection de l'enfance, a installé l'association Paje pour une durée de trois ans, en remplacement d'Entraide Pierre Valdo. Cette décision avait provoqué le courroux d'Emmanuel Delmotte. Le Département, contacté, a confirmé avoir « renforcé et adapté les moyens mobilisés sur ce site, avec son nouvel opérateur, afin d'améliorer les conditions d'accueil et d'accompagnement des jeunes et de garantir le meilleur fonctionnement de la structure ».
Le maire, qui déplore que Paje « ne communique absolument pas avec la mairie », constate néanmoins des changements concrets : la capacité d'accueil a été revue à la baisse et la typologie des occupants a évolué. « Ce ne sont plus des jeunes qui dépendent de la justice, qui sont en transit. La plupart sont en formation et plusieurs d'entre eux travaillent dans les commerces de la commune », précise-t-il.
Des procédures judiciaires toujours en cours
Malgré cet apaisement, Emmanuel Delmotte maintient ses positions. La commune a « acquis les murs » du bâtiment, mais le maire attend toujours de pouvoir concrétiser son projet : « Au final, tout ce que j'attends, c'est de pouvoir construire le centre médical, des logements, etc. D'ici-là, on continue les procédures judiciaires. » Ces procédures visent à faire sauter les réquisitions préfectorales du site. Le 12 juin, le préfet de l'époque, Laurent Hottiaux, a réquisitionné les lieux jusqu'en décembre, une décision que le maire a apprise « la veille, par mail ». Interrogé sur d'éventuels échanges avec les nouveaux arrivants, le préfet Jean-Marie Girier et le sous-préfet Sabry Hani, il répond : « Pas encore, non. Après, je n'ai jamais eu aucun rendez-vous concernant le centre avec leurs prédécesseurs, alors… »



