Béziers : des locataires manifestent contre le froid dans les HLM
Béziers : manif contre le froid dans les HLM

Le 21 octobre, une trentaine d'habitantes des quartiers de l'Iranget et de la Grangette, à Béziers, se sont rassemblées devant l'antenne de proximité de l'OPH Béziers Méditerranée pour réclamer l'activation du chauffage collectif. Les locataires, uniquement des femmes accompagnées de leurs enfants, expriment un ras-le-bol général face à leurs conditions d'habitat.

Un système centralisé qui échappe aux locataires

Le chauffage des logements sociaux de ces quartiers est collectif et centralisé, géré par le bailleur. Ce système, courant dans l'habitat social en France, ne permet pas aux résidents de décider de la mise en route du chauffage. Anaïs Blanco, mère d'un bébé de six mois, témoigne : « J'ai un bébé de six mois et l'appartement est mal isolé, il fait trop froid pour lui. J'aimerais que le chauffage soit activé mais je parle dans le vide. » Malgré une météo clémente, les problèmes d'isolation des bâtiments font chuter la température intérieure. Une habitante explique : « Il fait plus froid à l'intérieur que dehors, la nuit les températures chutent et les enfants tombent malades. »

Un sentiment d'infantilisation

Les locataires ne peuvent pas utiliser de chauffage d'appoint sans conséquences financières. Le système Kocliko, mandaté par le bailleur, répartit les paiements en fonction des consommations et mesure la température. Brancher un radiateur électrique augmente non seulement la facture d'électricité, mais aussi celle de chauffage. Pour ces familles en situation de précarité, cette option est inenvisageable. Sandra Bonhore, mère de famille, dénonce un fonctionnement infantilisant : « On nous explique que certains sont incapables de gérer leur consommation. Mais on n'est pas des enfants, on peut gérer tout seul. »

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Le chauffage, symbole d'une colère plus large

Au-delà du chauffage, les manifestantes énumèrent d'autres griefs : entretien défaillant des espaces communs, rénovations électriques tardives, problèmes de gardiennage et manque de communication avec l'OPH. Une habitante de la Grangette confie nettoyer elle-même le hall et les escaliers, faute de service, malgré des charges d'entretien annuelles d'environ 300 euros. Ces préoccupations, bien que portées par une trentaine de voix, pourraient refléter un mécontentement plus large dans ces quartiers.

L'OPH de Béziers se dit à l'écoute

Joint par téléphone, Dimitri Sopena, directeur général adjoint de l'OPH de Béziers, assure prendre note des revendications : « Le retour des locataires est ce qu'il y a de plus important, je veux apporter une réponse à leurs problématiques. » Il explique que le chauffage est assuré par des climatiseurs réversibles, avec un organe de production sur chaque toit alimentant tous les logements, ce qui empêche une activation individuelle. Changer l'ensemble du système serait un investissement trop lourd. Il rappelle que la loi impose une température minimale de 19 degrés dans les logements et que la mise en service du chauffage sera effectuée avant les grands froids, en fonction des prévisions météorologiques.

Soutien inattendu à l'ancienne directrice suspendue

Le 14 octobre, le conseil d'administration de l'OPH a suspendu la directrice Magali Bordja, accusée de harcèlement au travail. Les manifestantes ont brandi des pancartes en son soutien, estimant qu'elle était une interlocutrice efficace. Jessica Coudière déclare : « Avec elle, nous avions l'impression d'avoir un relais efficace à l'OPH, elle n'hésitait pas à venir dans le quartier et trouvait des solutions. »

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