Bac 2025 : lycéens révisent entre travail et précarité
Bac 2025 : lycéens révisent entre travail et précarité

À quelques jours des épreuves du baccalauréat, une partie des lycéens français vit une situation paradoxale : contraints de travailler pour subvenir à leurs besoins, ils révisent entre deux services en restauration rapide ou des gardes d'enfants. Cette année, le phénomène semble s'accentuer, révélant une précarité étudiante qui touche désormais les jeunes avant même l'entrée dans le supérieur.

Un quotidien sous tension

« Ça a été très compliqué pour faire mes devoirs cette année », confie Léa, 18 ans, élève de terminale dans un lycée de banlieue parisienne. Depuis septembre, elle travaille les week-ends dans un fast-food pour financer ses transports et ses fournitures scolaires. « Je rentrais souvent à minuit le samedi, et le dimanche je devais rattraper les cours de la semaine. » Comme elle, ils sont nombreux à jongler entre les cours, les révisions et un emploi souvent précaire.

Les témoignages recueillis auprès de plusieurs lycées franciliens montrent une réalité peu visible. « Sur une classe de 35 élèves, au moins 10 ont un petit boulot régulier », estime Marc, professeur d'histoire-géographie en Seine-Saint-Denis. « Certains travaillent jusqu'à 15 heures par semaine, ce qui laisse peu de temps pour les révisions. »

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Des causes multiples

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance : la hausse du coût de la vie, le manque de bourses ou leur insuffisance, et parfois des situations familiales complexes. « Mes parents ne peuvent pas m'aider, alors je dois me débrouiller », explique Sofiane, 17 ans, qui cumule un emploi de livreur à vélo et des cours au lycée technique. « Je voudrais réussir mon bac pour faire des études, mais c'est dur de garder la motivation quand on est fatigué. »

Pour ces lycéens, le bac devient une épreuve supplémentaire dans un parcours déjà semé d'obstacles. Les enseignants tentent de les soutenir, mais les moyens manquent. « On essaie d'adapter les devoirs, de donner des conseils d'organisation, mais on ne peut pas compenser les inégalités sociales », déplore Marc.

Des solutions insuffisantes

Le gouvernement a mis en place des dispositifs comme le fonds social lycéen ou les bourses de lycée, mais leur montant est souvent jugé insuffisant. « 200 euros par an, ça ne couvre même pas un mois de transports », s'indigne Léa. Des associations proposent du soutien scolaire gratuit, mais elles sont saturées.

À l'approche des épreuves, le stress monte. « Je révise la nuit après mon service, mais je n'arrive pas à tout retenir », confie Sofiane. « Je me dis que je ferai de mon mieux, mais j'ai peur de ne pas avoir la moyenne. »

Cette situation interroge sur l'égalité des chances. Alors que certains lycéens peuvent consacrer tout leur temps aux révisions, d'autres doivent lutter pour concilier travail et études. Une réalité qui, pour beaucoup, pèse lourd dans la balance du bac.

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