Une résidence neuve déjà en piteux état
Les locataires de la résidence Kaelis, située entre la gare Saint-Roch et le Polygone à Montpellier, vivent un véritable cauchemar. Ce bâtiment de logements sociaux, géré par ICF Habitat, a été livré en mars 2025, mais déjà les problèmes se multiplient : intrusions, agressions, malfaçons, infiltrations d'eau, portes défectueuses, ascenseur en panne... Un collectif de locataires s'est constitué pour dénoncer cette situation.
Des accès mal sécurisés
La résidence Kaelis compte une trentaine d'appartements, du T2 au T4. Elle est accessible par la rue Du Guesclin au rez-de-chaussée et par l'avenue Henri Frenay, desservie par le tramway, entre deux étages supérieurs. Selon Yasine Lemkiti, président de l'association des locataires, les accès sont nombreux et mal sécurisés. "La porte extérieure s'ouvre en donnant un coup de pied", témoignent les résidents. "La porte intérieure a été forcée et réparée sommairement." Des personnes sans abri profitent de cette perméabilité pour s'introduire dans l'immeuble, y boire de l'alcool, se droguer, ou même dormir dans le local poubelles et le parking. Plusieurs véhicules ont été vandalisés et des motos volées.
Des agressions et un cambriolage
Le problème est particulièrement aigu dans les parties communes. Un locataire raconte avoir été agressé près de l'entrée par un intrus. Des traces de sang sur un mur témoignent d'une rixe entre des SDF. Début mai, un cambriolage a eu lieu. "C'est traumatisant, témoigne la victime. J'ai dû arrêter de travailler et je suis partie ailleurs. Je ne me sens plus en sécurité chez moi." Un autre locataire ajoute : "Pour une femme seule ou avec des enfants, c'est dangereux." Certains résidents ont déjà quitté les lieux, mais il est difficile de retrouver un logement similaire au même tarif.
Des réponses insuffisantes du bailleur
Les locataires déplorent les délais de réponse très longs de la part d'ICF Habitat, filiale logement de la SNCF. "Dès qu'on fait remonter un problème, soit on n'a pas de réponse, soit les délais sont très longs", regrette Yasine Lemkiti. De son côté, ICF Habitat indique avoir renforcé la sécurité de trois portes d'accès pour un montant de 6 000 euros, installé un système de vidéoprotection dans les garages, et mis en place un partenariat avec la police. Le bailleur précise que le nettoyage des parties communes est effectué chaque vendredi et que des interventions techniques sont réalisées lorsque nécessaire.
Des malfaçons récurrentes
Au-delà des problèmes de sécurité, les locataires dénoncent des malfaçons : infiltrations d'eau à partir du toit, béton qui se dégrade, câbles qui pendent, carrelages abîmés, interphone en panne, ascenseur déjà tombé en panne... Ils redoutent de connaître le même sort que les locataires d'autres résidences ICF Habitat, comme celle du France à Castelnau-le-Lez, où les dysfonctionnements sont nombreux. L'amertume est d'autant plus grande qu'une résidence étudiante voisine, construite par le même promoteur et gérée par le même syndic, est "nickel" selon les locataires.



