Les expulsions de ménages atteignent un niveau alarmant en 2025, avec une hausse de 27%
En 2025, le nombre de ménages expulsés de leur logement a atteint un niveau record, reflétant une crise du logement et des difficultés financières croissantes. Selon les données publiées mardi par la Chambre nationale des commissaires de justice (CNCJ), 30 500 ménages ont été expulsés, ce qui représente une augmentation alarmante de 27% par rapport à l'année précédente.
Une hausse significative des impayés de loyers
Les impayés sont également en hausse de 2,4%, avec 175 000 commandements de payer délivrés à des locataires en 2025. Il s'agit de la première étape juridique avant le début d'une procédure judiciaire pouvant aboutir à l'expulsion du locataire en situation d'impayés. Benoît Santoire, président de la CNCJ, a souligné que cette « hausse sensible des procédures de recouvrement des loyers impayés » doit être mise en perspective avec les « 15 millions de logements en location » en France.
La CNCJ a pour rôle d'exécuter les décisions de justice. Benoît Santoire a estimé lors d'une conférence de presse que la proportion d'impayés est « assez faible compte tenu du nombre de locataires », mais cette augmentation reste préoccupante dans le contexte économique actuel.
Les requêtes d'expulsion et les départs précipités augmentent
Benoît Santoire observe « de plus en plus sur le terrain l'application de la loi narcotrafic » d'avril 2025, qui prévoit qu'un préfet puisse saisir un juge pour faire expulser toute personne dont les agissements en lien avec des activités de trafic de stupéfiants troublent l'ordre public. Au total, 63 700 requêtes d'expulsion par la force publique ont été formulées l'année dernière, un chiffre équivalent à celui de 2024 selon la chambre.
Les « départs à la cloche de bois », lorsqu'un locataire quitte son logement sans préavis, ni état des lieux, ni parfois même prévenir le propriétaire, ont aussi augmenté de 11,7% en un an. Quelque 6 000 procès-verbaux de constat d'abandon d'un logement ont été réalisés en 2025, indiquant une détérioration des conditions de vie pour de nombreux ménages.
Ces chiffres sont issus du répertoire des actes des commissaires de justice, dont l'agrégation est automatisée, tandis que les données de l'État sont des remontées des préfectures. Cette situation met en lumière les tensions croissantes sur le marché locatif et la nécessité de solutions pour prévenir les expulsions et soutenir les ménages vulnérables.



