Une copropriété de Montmagny, dans le Val-d'Oise, accuse son syndic de lui avoir fait engager plus de 100 000 euros de dépenses pour un projet de rénovation énergétique finalement abandonné. À la résidence des Lévriers, les habitants dénoncent une mauvaise isolation, des infiltrations par la toiture et des logements difficiles à chauffer l'hiver comme à supporter l'été, rapporte Le Parisien.
Un projet ambitieux voté en 2022
En 2021, un vaste chantier est envisagé : un ravalement des façades, une étanchéité du toit et une amélioration de la ventilation. Séduits par la perspective d'aides financières, les copropriétaires votent le projet en 2022 et sollicitent un prêt collectif pour des travaux à plusieurs dizaines de millions d'euros. Mais la situation financière de la résidence bloque l'opération.
Déjà lourdement endettée, la copropriété affichait en 2025 près de 550 000 euros d'impayés. La banque a donc refusé le financement, entraînant l'arrêt du programme. Entre-temps, environ 105 000 euros avaient déjà été dépensés en diagnostics, études, plans d'architecte, assistance à la maîtrise d'ouvrage et frais de dossier.
Les habitants dénoncent un gaspillage
« Ils ont gaspillé notre argent », dénoncent plusieurs habitantes auprès du Parisien, qui reprochent au syndic Immo de France d'avoir poursuivi les démarches alors qu'il connaissait, selon elles, l'ampleur des dettes. La copropriété envisage de saisir la justice pour établir les responsabilités.
Le syndic conteste toute « fuite en avant » auprès de nos confrères. Il affirme avoir appliqué les décisions votées par les copropriétaires et assure que ces études étaient indispensables pour monter le projet et solliciter des financeurs. Elles pourraient, selon lui, être réutilisées si la situation devient plus favorable.
Des habitants désemparés
En attendant, les travaux ne sont plus programmés et les habitants sont forcés de vivre dans des bâtiments dégradés. « Je veux juste m'en aller d'ici », confie l'une des propriétaires. La résidence des Lévriers illustre les difficultés de nombreuses copropriétés françaises confrontées à des impayés et à des travaux de rénovation indispensables mais impossibles à financer.
Cette affaire met en lumière les risques liés aux projets de rénovation énergétique dans les copropriétés en difficulté financière. Les diagnostics et études préalables, bien que nécessaires, représentent des coûts importants qui peuvent être perdus si le projet échoue.



