Vol MS 804 : le parquet de Paris demande un non-lieu dix ans après le crash
Vol MS 804 : non-lieu requis dix ans après le crash

Dix ans après la disparition du vol MS 804, qui a coûté la vie à 66 personnes, le parquet de Paris a demandé la clôture du dossier sans poursuites. Le 19 mai 2016, l'avion reliant Paris au Caire s'est abîmé en mer Méditerranée entre la Crète et la côte nord de l'Égypte. Parmi les victimes, 40 Égyptiens et 15 Français.

Les conclusions de l'enquête judiciaire

Dans son réquisitoire définitif daté du 7 avril, le parquet estime que l'accident résulte d'un incendie déclenché par la rencontre d'une fuite d'oxygène provenant du boîtier de rangement du masque à oxygène du pilote et d'une source de chaleur inconnue dans le cockpit. Cette fuite d'oxygène fatale est due à l'engagement intempestif d'un bouton d'urgence par le copilote. L'enquête n'a pas permis de caractériser d'autres fautes que celles des membres d'équipage, tous décédés.

Le parquet souligne également que la fuite a eu lieu dans un contexte de fond musical et d'une attitude de l'équipage considérée comme trop peu professionnelle par les différents experts et témoins ayant eu accès aux enregistreurs de vols. Après neuf ans d'instruction, les juges parisiens chargés du dossier avaient signifié en avril dernier aux proches des victimes la fin de leur enquête. Les magistrats doivent désormais décider s'ils prononcent un non-lieu ou s'ils acceptent les demandes des parties civiles, qui souhaitent des investigations complémentaires et réclament toujours la mise en examen de la compagnie égyptienne.

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Les familles de victimes indignées

Réunies en association, les familles de victimes partagent, après cette demande de non-lieu, le sentiment d'une justice bâclée et d'être abandonnées. Elles dénoncent des conclusions tronquées incompatibles avec les données factuelles de l'enregistreur de vol et en totale contradiction avec celles du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA).

« La justice française n'est pas crédible dans ce dossier et semble faire obstacle à la vérité », accusent-elles dans un communiqué à l'occasion des dix ans de la catastrophe. « Les familles de victimes sont indignées par le manque de sérieux de cette enquête et demandent la mise en examen d'EgyptAir pour des manquements à ses obligations de maintenance. Nous ne pouvons accepter qu'un non-lieu soit évoqué alors que toutes les investigations pouvant expliquer les raisons de l'accident n'ont pas été menées. »

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