À partir du 1er juillet prochain, les étrangers retenus au Centre de rétention administratif (CRA) d'Hendaye seront entendus par les magistrats du tribunal administratif de Pau via un système de visioconférence, depuis une salle annexe aménagée au sein du centre. Cette salle sera présentée lors d'une visite organisée par la cour d'appel de Pau, ce mercredi 29 avril, en présence de magistrats. Elle sera utilisée pour les audiences devant les Juges des libertés et de la détention (JLD) concernant la prolongation de rétention et les demandes de remise en liberté.
Un gain de temps et de sécurité selon le CRA
L'objectif affiché est de limiter les escortes jusqu'à Pau ou Bayonne, quasi quotidiennes, qui mobilisent trois agents par retenu. « Ce sera un gain de temps et de sécurité pour tout le monde », justifie le CRA d'Hendaye. Cependant, cette mesure est vivement critiquée par les avocats locaux.
Les avocats dénoncent un « simulacre de justice »
Selon l'antenne bayonnaise du Syndicat des avocats de France (SAF), tout juste créée, « cette annexe a été construite pour la somme exorbitante de 1,3 million d'euros ». Dans un communiqué, les avocats de la SAF « s'opposent fermement et unanimement à ce simulacre de justice ». Ils estiment que ce dispositif « rendra artificiel le procès en éloignant les exilés des juges », « poussera les avocats en dehors des tribunaux et des cours afin de complexifier l'exercice de la défense » ou « isolera encore plus les personnes retenues ».
Un recul des droits fondamentaux
« La plupart sont des procédures d'urgences. Nous sommes souvent saisis au dernier moment pour défendre les retenus, sauf qu'il y a beaucoup de pièces justificatives à apporter aux juges, explique Ilazki Ortego-Sampedro, avocate et coprésidente du SAF à Bayonne. Le jour de l'audience, il faudra qu'on fasse un choix entre être devant les juges ou être avec la personne retenue, avec le risque de ne pas pouvoir fournir les documents. Pour nous, c'est important de rencontrer les exilés, qu'ils nous expliquent leur histoire et leur demande. C'est un recul très important au niveau des droits fondamentaux », déplore-t-elle. Le CRA d'Hendaye réfute tout obstacle au droit des personnes et assure que des scanners permettront d'envoyer les documents depuis l'annexe.



