Violences conjugales : le gouvernement s'agite mais tourne autour du pot
Violences conjugales : le gouvernement hésite encore

Le gouvernement a présenté ce mercredi une série de mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants, en réponse à l'émotion suscitée par l'affaire Lyhanna. Cette fillette de 2 ans est morte en mars dernier, battue par son père, pourtant connu des services sociaux. Le drame a provoqué une onde de choc dans l'opinion publique et relancé le débat sur l'efficacité des dispositifs de protection.

Des mesures jugées insuffisantes

Parmi les annonces, le gouvernement prévoit le renforcement des bracelets anti-rapprochement, la création de nouvelles places d'hébergement d'urgence et un meilleur partage d'informations entre les services sociaux et la justice. Mais pour les associations, ces mesures restent insuffisantes. « On tourne autour du pot, déplore la présidente de la Fondation des Femmes. Il manque une véritable stratégie globale et des moyens financiers à la hauteur des enjeux. »

Des chiffres alarmants

En 2025, 145 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en France, un chiffre en légère hausse par rapport à l'année précédente. Les violences intrafamiliales concernent aussi des milliers d'enfants, comme Lyhanna. « Chaque jour, des enfants meurent sous les coups de leurs parents, rappelle la porte-parole d'Enfance en Danger. Il est urgent d'agir concrètement. »

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  • Renforcement des bracelets anti-rapprochement : 500 nouveaux dispositifs déployés d'ici fin 2026.
  • Création de 1 000 places d'hébergement d'urgence supplémentaires.
  • Mise en place d'un fichier partagé entre les services sociaux et la justice.

Les associations réclament un plan d'urgence

Plusieurs collectifs appellent à une mobilisation nationale le 14 juin prochain. Ils réclament un plan d'urgence doté d'un milliard d'euros, la formation systématique des professionnels et une meilleure application des ordonnances de protection. « Les annonces du gouvernement sont un pas, mais il faut un grand bond en avant », insiste la secrétaire générale d'Une Vie Sans Violence.

De son côté, le ministère de la Justice se défend de tout attentisme. « Nous avons augmenté le budget de 30 % en deux ans, et les résultats commencent à se voir, affirme le cabinet de la ministre. Mais il faut du temps pour changer les pratiques. » Un argument qui ne convainc pas les associations, qui rappellent que « le temps perdu, ce sont des vies perdues ».

L'affaire Lyhanna a mis en lumière les failles du système. Son père, déjà condamné pour violences, bénéficiait d'un droit de visite encadré. Malgré les signalements, rien n'a empêché le drame. « Il faut tirer les leçons de cette tragédie, conclut la présidente de la Fondation des Femmes. Les annonces d'aujourd'hui ne sont pas à la hauteur. »

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