Violences conjugales à Grasse : un an de prison avec sursis pour la prévenue
Violences conjugales à Grasse : un an avec sursis

Ce mardi 26 mai, le tribunal correctionnel de Grasse a jugé une femme de 28 ans, T., pour des violences conjugales commises à l'encontre de son compagnon, S. Les faits se sont déroulés le 22 décembre 2025 à Cagnes-sur-Mer, sous les yeux de son fils âgé de 6 ans. Ce jour-là, alors que le couple prenait l'apéritif, une dispute a éclaté. T. reprochait à son conjoint de ne pas avoir assez de photos d'elle sur son téléphone. Lorsqu'il lui a retiré l'appareil des mains, elle lui a asséné un violent coup de tête, appelé « coup de boule », puis l'a menacé avec un couteau en hurlant. L'enfant a assisté à toute la scène.

Une comparution surprise

À la surprise du public, les deux conjoints sont arrivés ensemble au tribunal, s'asseyant chacun sur un banc distinct : S. du côté des victimes, T. du côté des prévenus. Pourtant, T. était soumise à un contrôle judiciaire strict, avec interdiction de contact et obligation de soins. Interrogée par le tribunal, elle a déclaré : « Quand je lui ai mis un coup de boule, je ne pensais pas le faire saigner. » La juge a souligné la disproportion des gestes pour récupérer un téléphone, demandant si cela s'était déjà produit. T. a reconnu être facilement violente.

Absence de suivi psychologique

Le tribunal a demandé si T. avait consulté un professionnel pour travailler sur sa violence. Sa réponse a été laconique : « Non, personne n'était disponible. » Un silence pesant a suivi dans la salle d'audience. Son conjoint, appelé à la barre, a minimisé les faits : « Ça nous a fait un sacré électrochoc, on regrette tous les deux ce qui s'est passé. » Il a ajouté que le couple s'était réconcilié et vivait à nouveau sous le même toit, ignorant délibérément les obligations judiciaires.

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Réaction de la juge

La juge a exprimé sa stupéfaction : « Vous appelez la police pour mettre votre compagne dehors, la justice décide que madame doit voir le juge des libertés et de la détention, et vous estimez que ce contrôle judiciaire n'a pas lieu d'être ? Madame aurait pu finir en prison pour ce non-respect. Je reste sans voix. » Maître Julie Louboutin, représentant la Fondation Pélican en tant qu'administrateur ad hoc de l'enfant, a dénoncé une banalisation des violences : « On est dans une banalisation des faits qui ont été commis, la portée des actes n'est pas mesurée. »

Peine prononcée

Le procureur a requis 8 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans, assortis d'une obligation de soins et d'un stage sur les violences intrafamiliales. Il a souligné l'impact sur l'enfant de 6 ans, témoin de la scène. Finalement, le tribunal a prononcé une peine plus sévère : un an d'emprisonnement avec sursis.

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