Une loi controversée soulève la colère en Ukraine
Des centaines d'Ukrainiens ont manifesté le 23 juillet 2025 contre une nouvelle loi promulguée par le président Volodymyr Zelensky, qui renforce le contrôle présidentiel sur les agences de lutte contre la corruption. Cette loi, adoptée en hâte par le Parlement, suscite une vive opposition tant au niveau national qu'international.
Ce que contient la loi
Le texte accorde au procureur général d'Ukraine, nommé par le président, un contrôle étroit sur le Bureau national anti-corruption (NABU) et le Cabinet du procureur spécialisé dans la lutte contre la corruption (SAPO). Les responsables de ces deux organes ont rencontré le président pour réclamer l'annulation de la loi et le rétablissement de l'indépendance de leurs agences.
Les manifestations
Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de Kiev et d'autres grandes villes, un fait rare depuis le début de la guerre contre la Russie. Une manifestante, Solomiia Telichevka, étudiante de 20 ans, a déclaré : "Cela contredit tout ce pour quoi nous luttons."
La réaction de Zelensky
Le président a tenté de désamorcer la polémique en promettant un plan de lutte contre la corruption d'ici deux semaines. Dans son allocution nocturne, il a justifié sa décision en affirmant que la lutte contre la corruption se poursuivrait "sans aucune influence russe" et que "tout doit être nettoyé".
L'opposition et les partenaires européens
Iaroslav Jeleznyak, député du parti d'opposition Holos, a annoncé qu'il présenterait une nouvelle loi pour annuler ce texte "honteux", tandis qu'un recours sera déposé devant la Cour constitutionnelle. Les partenaires européens de Kiev, dont la France et les Pays-Bas, ont exprimé leur préoccupation. Le ministre néerlandais des Affaires étrangères, Caspar Veldkamp, a souligné que les institutions anti-corruption sont vitales pour la voie des réformes et que les affaiblir serait un recul important. Le ministre français délégué aux Affaires européennes, Benjamin Haddad, a déclaré sur France Inter : "Il n'est pas trop tard pour revenir en arrière."
Enjeux pour l'adhésion à l'UE
Le respect de l'État de droit est une condition essentielle pour l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne. Cette loi risque de compromettre les progrès réalisés et de ralentir le processus d'intégration européenne.



