« Pas de justice ! Je ne suis pas un terroriste ! » Ces mots ont été prononcés mercredi soir par Emin Gasimov, un homme de 34 ans qui venait d’être condamné à trente ans de réclusion. La cour d’assises spéciale de Rennes a lourdement condamné cet homme présenté comme le chef d’un commando qui avait tenté d’assassiner un homme en pleine rue. Les faits s’étaient déroulés en plein jour, sur les quais de la Fosse à Nantes, en 2021, et visaient Mahammad Mirzali, un blogueur connu pour s’opposer au régime d’Azerbaïdjan.
En mars 2021, le jeune homme avait été lardé de coups de couteau en plein centre de Nantes par trois agresseurs. Lui qui fait partie des hommes les plus protégés en France a toujours évoqué un « crime politique » venu des plus hautes sphères d’Azerbaïdjan. Après trois semaines d’un procès qui a bouclé les abords du parlement de Bretagne, le chef du commando a écopé de la peine la plus lourde pour « tentative de meurtre en bande organisée ». « Le but n’était pas de le tuer, le but était de le blesser. Si j’avais l’intention de le tuer, sa maison se situe dans un endroit calme… C’est trop facile de tuer quelqu’un », s’était-il défendu lors du procès. Il a annoncé son souhait de faire appel.
Les deux autres membres du commando, également membres de la mafia russophone des « Voleurs dans la loi » ont été condamnés à dix-huit et vingt-cinq ans de réclusion criminelle. L’un d’entre eux n’a jamais été retrouvé.
La vie sous protection permanente
Dans cette affaire, neuf accusés ont été jugés pour l’agression de Mahammad Mirzali en 2021 en France, où il est réfugié politique depuis 2016. Six hommes étaient accusés de les avoir aidés dans leur entreprise criminelle à travers l’Europe. La cour a condamné cinq d’entre eux à des peines allant de cinq à quinze ans de prison. Seul un accusé a été acquitté. « La justice a été donnée de manière éclatante », a réagi Me Henri Carpentier, avocat de Mahammad Mirzali.
L’homme de 32 ans, qui alimente une chaîne YouTube et un blog comptant des centaines de milliers d’abonnés, vit sous protection policière permanente. Mais ses parents, eux aussi réfugiés, ne connaissent pas son adresse, a-t-il raconté.



