Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son verdict ce jeudi 10 juin 2026 dans le procès des agresseurs de l'opposant azerbaïdjanais Mahammad Mirzali. Le chef du commando, un homme âgé de 45 ans de nationalité azerbaïdjanaise, a été condamné à trente ans de réclusion criminelle pour tentative d'assassinat en bande organisée. Les autres membres du commando ont écopé de peines allant de cinq à vingt ans de prison.
Une agression violente en plein Paris
L'agression s'était déroulée le 12 mars 2025, dans le 16e arrondissement de Paris. Mahammad Mirzali, connu pour son opposition au régime du président Ilham Aliev, avait été violemment attaqué par plusieurs hommes alors qu'il sortait de son domicile. Grièvement blessé, il avait été transporté à l'hôpital où il avait été opéré d'urgence. Les enquêteurs avaient rapidement établi que l'attaque avait été commanditée par des services secrets azerbaïdjanais, bien que le gouvernement de Bakou ait toujours nié toute implication.
Un procès sous haute surveillance
Le procès, qui s'est tenu à Paris du 1er au 10 juin 2026, a été marqué par des mesures de sécurité renforcées. Plusieurs témoins protégés ont été entendus, et les débats ont parfois été houleux. La défense a tenté de minimiser le rôle du chef du commando, arguant qu'il n'avait fait qu'exécuter des ordres. Mais les juges ont estimé que sa responsabilité était pleinement engagée, compte tenu de son rôle central dans l'organisation de l'attaque.
Une condamnation saluée par les défenseurs des droits de l'homme
La condamnation du chef du commando a été saluée par les organisations de défense des droits de l'homme, qui y voient un signal fort contre la répression des opposants politiques. « C'est une victoire pour la justice et pour tous ceux qui luttent contre l'autoritarisme en Azerbaïdjan », a déclaré Me Sarah Dupont, avocate de Mahammad Mirzali. Ce dernier, qui s'est dit satisfait du verdict, a toutefois appelé à la vigilance : « Le régime de Bakou ne reculera devant rien pour faire taire ses opposants. La France doit continuer à les protéger. »
Des peines pour tous les membres du commando
Outre le chef du commando, les autres accusés ont été condamnés à des peines allant de cinq à vingt ans de prison. L'un d'eux, considéré comme le chauffeur du groupe, a écopé de cinq ans pour complicité. Les autres, impliqués directement dans l'agression, ont reçu des peines de dix à vingt ans. Tous ont été reconnus coupables de tentative d'assassinat en bande organisée et d'association de malfaiteurs.
Le parquet avait requis des peines lourdes, allant de huit à trente ans de prison, en soulignant la gravité des faits et le contexte politique. Les avocats de la défense ont annoncé leur intention de faire appel. Le procès en appel devrait se tenir dans les prochains mois.
Un contexte de tensions diplomatiques
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et l'Azerbaïdjan. Paris a régulièrement critiqué le bilan des droits de l'homme à Bakou, tandis que l'Azerbaïdjan accuse la France de soutenir des opposants en exil. Le gouvernement azerbaïdjanais a dénoncé le verdict, le qualifiant de « politiquement motivé ». La France a réaffirmé son attachement à l'indépendance de la justice.
Mahammad Mirzali, qui réside en France depuis plusieurs années, continue de dénoncer les violations des droits de l'homme en Azerbaïdjan. Il a annoncé qu'il poursuivrait son combat politique, malgré les risques. « Je ne me tairai pas », a-t-il déclaré à l'issue du procès.



