La SNCF ne pourra pas lancer ses TGV sur les lignes italiennes avant le deuxième trimestre 2028, a confirmé le groupe jeudi 10 septembre 2026. Les 15 nouveaux TGV-M commandés pour le réseau italien ne seront donc ni homologués ni disponibles en 2026, ni en septembre 2027 comme précédemment annoncé, mais au « deuxième trimestre 2028 », selon un porte-parole de SNCF Voyageurs cité par l’AFP.
Un retard communiqué à RFI fin juillet
Ce retard a été communiqué à l’opérateur du réseau italien, Rete Ferroviaria Italiana (RFI), dans une lettre envoyée fin juillet, selon une information du journal La Repubblica confirmée par les entreprises concernées. Le groupe Ferrovie dello Stato, maison-mère de RFI et de Trenitalia, a également confirmé à l’AFP avoir reçu cette lettre. Une porte-parole a précisé que ce report, communiqué trop tard, « compliquait » la réattribution des créneaux déjà attribués à la SNCF.
Ce nouveau report est attribuable à « la livraison des matériels roulants ainsi que leur processus d’homologation et d’autorisation en Italie, qui est plus complexe qu’en France », selon le porte-parole de SNCF Voyageurs. La SNCF met également en cause « l’indisponibilité des installations de maintenance en Italie, essentielles au démarrage des opérations ».
Un contentieux avec Alstom sur la maintenance
Alstom a notamment refusé à la SNCF l’accès à son site de Nola, près de Naples (sud). L’Autorité italienne des Transports (ART) a donné raison à la SNCF, ouvrant des procédures de sanction contre Alstom mais aussi Trenitalia (pour ses sites de Milan et Naples) après une plainte de SNCF Voyages Italia. Selon l’ART, Alstom a « refusé ou limité l’accès » au site « sans mettre en oeuvre une véritable procédure de coordination entre demandeurs », se réservant de facto pour Italo. Contacté, le groupe Alstom n’a pas réagi jeudi.
Ce retard intervient alors que la SNCF venait de gagner une bataille dans sa traversée des Alpes. L’autorité de la concurrence italienne lui avait donné raison en mars dans un recours contre RFI, qui lui a proposé des créneaux de circulation pendant dix ans.
Des projets de liaisons Turin-Naples et Turin-Venise
La filiale italienne de la SNCF prévoit dans un premier temps sept allers/retours par jour entre Turin et Naples et deux entre Turin et Venise, avec des tarifs annoncés comme « compétitifs » sur ces lignes cardinales où Trenitalia, opérateur public, et le privé Italo se livrent déjà une vive concurrence.
« Ces quelques mois de retard ne remettent pas en question ce projet de long terme » et SNCF Voyageurs « reste pleinement engagé dans ce projet et convaincu de la valeur qu’il générera », a souligné son porte-parole. La SNCF n’est pour l’instant active que sur la ligne internationale Milan-Paris, qui restera la seule active entretemps.
Parallèlement, Trenitalia opère en France sur la ligne Paris-Lyon-Marseille et construit un site d’entretien près de Paris qui devrait aussi lui ouvrir la ligne Paris-Londres.



