Tétraplégique condamné à 5 ans après un accident mortel à 173 km/h
Tétraplégique condamné à 5 ans après accident mortel

Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné, jeudi 3 septembre, un ancien pilote professionnel de karting, tétraplégique, à cinq ans de prison pour homicide routier. L'homme, âgé d'une cinquantaine d'années, avait provoqué une collision mortelle le 7 octobre 2025, alors qu'il roulait à près de 173 km/h sur une route départementale limitée à 80 km/h, avec un taux d'alcool de 1,10 gramme par litre de sang.

Un drame survenu après un apéritif entre amis

Le soir du drame, le prévenu avait pris le volant de son Audi RS6 de 600 chevaux après un apéritif entre amis. Vers 23 heures, sur la route du retour entre Vauvert et Le Cailar, il franchit une ligne blanche pour dépasser à vive allure. Selon l'expert, il roulait alors à près de 173 km/h. Il percute d'abord une première voiture, puis entre en collision avec le véhicule d'un père de famille, âgé de 44 ans, qui meurt sur les lieux. Trois autres personnes, membres d'une même famille, sont également blessées, avec des ITT de quinze, sept et trois jours.

Des témoignages poignants de la famille de la victime

À l'audience, la famille de la victime a livré des mots bouleversants. « Vous avez tué mon père », a lancé la fille du défunt, âgée de 44 ans, pâtissier de profession. Sa mère a refusé que leurs deux enfants, âgés de 10 et 13 ans, assistent à l'audience. « Vous êtes un criminel », a-t-elle déclaré au prévenu. L'épouse de la victime a ajouté : « Il avait 44 ans, 8 mois et 4 jours. Vous avez tué un homme, un mari, un père, un fils, un frère, un ami. Vous êtes un assassin, je vous hais du plus profond de mon âme. »

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La sœur de la victime s'est effondrée à la barre : « Je remercie la personne qui lui a tenu la main, il n'est pas parti seul. » Leur avocate, Me Yvanne Bouvier, du barreau de Paris, a souligné l'impact irréversible de cette perte : « Son épouse et ses enfants ont dormi ensemble jusqu'au mois de juillet. Jusqu'à ce qu'ils déménagent. La douleur était trop pesante. »

Le prévenu évoque une « sensation étrange »

Le président du tribunal, Jérôme Reynes, a cherché à comprendre comment une telle vitesse avait pu être atteinte, d'autant que le prévenu est tétraplégique depuis un accident de karting survenu à l'âge de 17 ans. Il conduit un véhicule spécialement aménagé. « Ça ne vous a pas vacciné contre la vitesse ce que vous avez vécu ? », a interrogé la procureure. L'homme a soutenu que cet excès de vitesse était une exception. Son avocat, Me Ludovic Para, a précisé : « Ce n'est pas un fou de la route. Sur les 500 000 km qu'il a parcourus en 13 ans de permis, il n'a commis qu'un excès de vitesse de moins de 20 km/h. »

Le prévenu a évoqué une « sensation étrange » dans les secondes précédant le drame. Victime d'un car-jacking en 2012, il a raconté qu'au feu tricolore, une voiture qui le dépassait lui rappelait cet épisode, et qu'il avait décidé de la rattraper. « Si vous avez peur, pourquoi la suivre ? », a demandé le président. « J'ai eu un moment de panique », a répondu le prévenu.

Une peine conforme aux réquisitions

La procureure a requis cinq ans de prison avec mandat de dépôt, 1 000 euros d'amende, l'annulation du permis de conduire avec interdiction de le repasser pendant dix ans, ainsi que la confiscation du véhicule. La défense a jugé ces réquisitions sévères, rappelant l'absence d'antécédents judiciaires de son client. Me Ludovic Para a plaidé : « Les faits sont irréparables, impardonnables. Et il est vrai qu'il est plus facile de détester un s**d. Mais cet homme est quelqu'un de bien. Il est jugé pour ces quelques secondes, cette décision hâtive. Il a commis ce qu'il n'aurait jamais imaginé. » Il a demandé une détention à domicile « dans des conditions dignes », en raison de l'état de santé de son client.

En dernier lieu, le prévenu a répété ses remords, avant de révéler un lien inattendu avec la victime : « Je le connaissais. Je l'avais rencontré deux fois. C'est lui qui avait réalisé la pièce montée de mon mariage. » La famille s'est effondrée et a refusé de le regarder. Après délibéré, le tribunal a suivi les réquisitions de la procureure. Le quinquagénaire a été escorté par les policiers jusqu'à la maison d'arrêt pour y purger sa peine. Il dispose de dix jours pour faire appel de cette décision.

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