Le tribunal judiciaire de Nice a relaxé, le 26 juin 2026, la journaliste du Canard Enchaîné Emmanuelle Souffi, poursuivie pour diffamation par le maire de Saint-Raphaël, Frédéric Masquelier. L'élu a immédiatement interjeté appel de cette décision.
Une enquête sur la souffrance au travail
Dans un article paru à l'automne 2024, la journaliste révélait l'ouverture d'une enquête préliminaire concernant les méthodes de management au sein de la mairie de Saint-Raphaël et de la communauté d'agglomération Estérel-Côte d'Azur (ECAA), dans un contexte de souffrance au travail. Le maire, estimant que ces informations portaient atteinte à son honneur, avait alors engagé une procédure en diffamation.
Jugée mi-mai 2026 aux côtés de la direction du journal, Emmanuelle Souffi dénonçait une « procédure bâillon » visant à entraver la liberté de la presse. La relaxe prononcée par le tribunal confirme le bien-fondé de son travail d'investigation.
Réactions contrastées
Interrogé par Var-matin, Frédéric Masquelier a déclaré : « Cette décision est un jugement de première instance, non définitif, dont les motifs ne sont pas connus, et qui a déjà fait l'objet d'un appel. La position défendue depuis le début restera inchangée. Je regrette, en outre, qu'en droit de la presse, aucune règle n'oblige les journalistes à dire la vérité. C'est toute la limite de ce type de décision : elle apprécie la loyauté du journaliste, non la réalité des faits. Ce dossier réserve encore des éléments qui n'ont pas été examinés en première instance. Ils seront versés au débat d'appel et éclaireront davantage l'origine et la fiabilité de certaines des accusations reprises dans cet article. La cour appréciera. »
De son côté, la journaliste a réagi : « Le Canard se félicite que la Justice ait reconnu le sérieux et la rigueur de son enquête menée en toute indépendance. L'appel ne porte que sur la réparation et l'aspect civil de sa plainte, la relaxe étant acquise. M. le maire devrait être un peu plus relax. »
Un appel limité au volet civil
Selon les informations recueillies, l'appel du maire ne concerne que les aspects civils et réparatoires, la relaxe pénale étant définitive. Cette affaire illustre les tensions récurrentes entre élus locaux et médias d'investigation, notamment sur des sujets sensibles comme la gestion des ressources humaines dans les collectivités.



