Samira Fadil, la mère de Marwa, une fillette de 11 ans originaire de Frontignan, décédée en 2020 à la suite d’une injection mortelle d’adrénaline à la place de Spasfon, attend avec détermination le procès qui se tiendra mardi 12 mai à Montpellier. L’infirmier responsable et le centre hospitalier de Sète seront jugés pour homicide volontaire. « Qu’on ne me parle pas d’erreur médicale. Je n’accepte pas ce terme. Il s’agit d’une faute extrêmement grave. Des drames comme celui-ci qui se produisent à l’hôpital en 2020, ça ne devrait pas exister. Or, de nouveaux faits se sont produits depuis. N’importe qui se rend à l’hôpital peut perdre sa vie. Personne n’est à l’abri. C’est inacceptable », tonne Samira Fadil.
Un combat de six ans pour la vérité
Le 25 mai 2020, Marwa est conduite aux urgences de Sète pour de violentes douleurs abdominales. Après une première injection de Spasfon qui la soulage, un infirmier lui administre une seconde injection, cette fois de 5 mg d’adrénaline. L’enfant entre en convulsion, vomit du sang et s’effondre. Malgré les tentatives de réanimation, elle décède le 27 mai au CHU de Montpellier. « On n’a eu de cesse de me répéter qu’il y avait une chance de sauver ma fille alors que tout le monde savait déjà la faute qui avait été commise et qu’elle ne pourrait pas s’en sortir. Tout ce qui a été accompli pour la sauver n’est pour moi qu’une mascarade. On a volé la vie de ma fille et notre vie en a été bouleversée à jamais », confie Samira.
Une mère courage face à l’adversité
Samira Fadil a déposé une plainte pour faute médicale, et une enquête a été ouverte par le parquet et l’Agence régionale de santé. Reconnue victime dix-huit mois après les faits, elle a suivi un suivi psychologique. Mais les mois ont passé sans nouvelles, laissant place à une douleur persistante. « Les questions n’arrêtaient pas de tourner dans ma tête. Je ruminais tout le temps. J’avais la sensation d’étouffer », se souvient-elle. Un an après le drame, elle organise un hommage à Marwa avec le soutien de la mairie de Frontignan. L’autopsie confirme que la seconde injection a causé la mort, et non une pathologie préexistante.
La famille vacille. Le couple vend la maison, trop chargée de souvenirs. Samira quitte son travail, son mari met en liquidation son commerce. Pendant qu’elle se bat, son mari entre dans le mutisme, refusant de communiquer. Prononcer le prénom de Marwa est au-dessus des forces de ses frères et sœur. Samira tient pour tous. « C’est la douleur qui me porte, ainsi que le souvenir de ma fille. Alors, je continue à me battre pour que ces fautes médicales ne se reproduisent plus », confie cette mère courage.
Un procès attendu et des soutiens
Le procès du 12 mai représente une échéance cruciale pour Samira. « J’attends que justice soit rendue et que la responsabilité de l’hôpital et celle de l’infirmier soient reconnues. Pour ce dernier, j’espère que son diplôme lui sera retiré et qu’une interdiction d’exercer sera prise à son encontre. Les deux, dans tous les cas, ont failli à leur obligation de soins », déclare-t-elle. D’autres mères ayant perdu leur enfant dans des circonstances similaires seront à ses côtés lors du procès.



