Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a annoncé le 28 mai 2026 son souhait de construire une salle des grands procès au sein de la prison de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Ce projet, présenté comme une mesure visant à améliorer l'efficacité judiciaire et à réduire les transferts de détenus, suscite une vive controverse parmi les professionnels de la justice.
Un projet contesté par les magistrats et avocats
Les syndicats de magistrats et les barreaux d'avocats dénoncent un projet qui, selon eux, privilégie la sécurité au détriment des droits de la défense. Ils craignent que la tenue de procès au sein même de la prison ne nuise à la présomption d'innocence et ne transforme les audiences en procès expéditifs, sans garanties suffisantes pour les accusés.
Les arguments du gouvernement
Pour le ministère de la Justice, cette salle permettrait d'organiser des procès de grande envergure, notamment dans les affaires de terrorisme ou de criminalité organisée, sans avoir à déplacer les détenus vers d'autres tribunaux. Cela réduirait les risques d'évasion et les coûts logistiques. Le projet prévoit une salle d'audience de 300 places, des espaces pour les avocats et les journalistes, ainsi qu'un quartier de détention sécurisé.
Une opposition qui s'organise
Plusieurs organisations professionnelles, dont l'Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature, ont exprimé leur opposition. Ils estiment que cette initiative pourrait créer un deux poids, deux mesures judiciaire, où les accusés seraient jugés différemment selon qu'ils sont détenus ou non. Les avocats pénalistes redoutent également une atteinte au principe d'égalité des armes.
Un précédent controversé
La construction d'une salle des grands procès dans une prison n'est pas une première en France. Un projet similaire avait été envisagé à la prison de la Santé à Paris, mais avait été abandonné face aux critiques. À Fleury-Mérogis, la plus grande prison d'Europe, le débat est d'autant plus vif que l'établissement est déjà au cœur de nombreuses polémiques sur les conditions de détention.
Les prochaines étapes
Le ministère a annoncé une consultation publique et un débat parlementaire avant toute décision définitive. Le calendrier prévoit un début des travaux en 2028 pour une mise en service en 2030. En attendant, les professionnels de la justice entendent bien faire entendre leur voix pour empêcher ce qu'ils considèrent comme une dérive sécuritaire.



