Ce mercredi 27 mai 2026, Nicolas Sarkozy a pris la parole pour la dernière fois devant la cour d'appel chargée d'examiner l'affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. L'ancien président de la République, âgé de 71 ans, a livré une déclaration solennelle, martelant que « cette affaire a commencé dans le mensonge, elle doit finir dans la vérité ».
Un réquisitoire contre l'accusation
Durant près d'une heure, Nicolas Sarkozy a dénoncé ce qu'il considère comme une machination politique et médiatique. Il a notamment pointé du doigt les témoignages de l'homme d'affaires Ziad Takieddine, qu'il qualifie de « menteur récidiviste » et dont les déclarations ont été jugées peu fiables par plusieurs enquêteurs. « Je n'ai jamais reçu un centime libyen pour ma campagne », a-t-il affirmé, la voix empreinte d'émotion.
Des accusations de partialité
L'ancien chef de l'État a également critiqué la procédure judiciaire, estimant que les juges d'instruction avaient « une vision orientée » des faits. Il a rappelé que plusieurs experts-comptables avaient validé ses comptes de campagne et qu'aucune preuve matérielle de versements libyens n'avait été retrouvée. « On me demande de prouver mon innocence, mais l'accusation n'a jamais apporté la preuve de ma culpabilité », a-t-il lancé.
Des proches présents pour le soutenir
Dans la salle d'audience, plusieurs proches de Nicolas Sarkozy étaient présents, dont son épouse Carla Bruni-Sarkozy, ses avocats Me Thierry Herzog et Me Jacqueline Laffont, ainsi que d'anciens ministres comme Brice Hortefeux et Claude Guéant. Tous affichent un soutien sans faille à l'ancien président, convaincu que cette affaire finira par un non-lieu.
Un procès à rebondissements
Le procès en appel, ouvert en janvier 2026, a connu de nombreux rebondissements. Plusieurs témoins ont été entendus, dont certains ont contredit les accusations initiales. L'avocat général a requis une peine de quatre ans de prison, dont deux ferme, à l'encontre de Nicolas Sarkozy, une position jugée sévère par la défense. La décision de la cour est attendue dans les prochaines semaines.
Pour Me Herzog, « ce procès est une mascarade. Mon client est innocent et nous allons démontrer que ce dossier ne tient pas debout ». De son côté, l'ancien président a conclu son intervention en appelant la justice à « faire preuve de courage et de lucidité ».
Une affaire aux lourdes implications politiques
Au-delà du sort judiciaire de Nicolas Sarkozy, cette affaire a des répercussions politiques majeures. Elle fragilise l'image de la droite française et alimente les soupçons de corruption au plus haut niveau de l'État. Plusieurs responsables politiques, de tous bords, suivent avec attention le dénouement de ce procès, qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre le financement illégal des campagnes électorales.
En attendant le verdict, Nicolas Sarkozy reste libre sous contrôle judiciaire. Il a promis de se pourvoir en cassation si la condamnation était confirmée, jurant de « se battre jusqu'au bout pour la vérité ».



