Dans une lettre ouverte adressée à Michaël Delafosse, président de la Métropole de Montpellier, les salariés du complexe funéraire de Grammont ayant déposé plainte estiment subir des pressions pour les inciter à se retirer de la procédure judiciaire. La date du procès a été fixée au 6 décembre 2027, mais l'audience de consignation du 6 mai dernier n'a pas apaisé les tensions.
Des tensions croissantes entre les parties
Lors de cette audience, les avocats de la Métropole ont dénoncé le manque de pièces justificatives de la part des plaignants, rendant impossible selon eux le chiffrage du préjudice potentiel. Une note de service interne mentionne que cette action pourrait impacter les comptes de l'exercice 2025, notamment via une provision pour risque. En conséquence, la prime de partage de la valeur a été gelée et la prime d'intéressement suspendue.
Une lettre ouverte pour dénoncer des pratiques
Le collectif des anciens et actuels salariés, représenté par Me Stéphane Fernandez, qualifie ces mesures de "sanctions disciplinaires déguisées" visant à créer un climat inquisitoire pour obliger les plaignants à abandonner la citation directe. La lettre ouverte a été adressée à Michaël Delafosse, lui-même poursuivi dans cette affaire en tant que président de la Métropole.
Les faits remontent à 2022
En octobre 2022, 24 salariés du complexe funéraire de Grammont, géré par une société dont la Métropole est le principal actionnaire, ont déposé plainte pour divers faits, dont du harcèlement sexuel. Les deux principaux prévenus sont poursuivis pour agression sexuelle et harcèlement sexuel, et trois autres pour harcèlement sexuel. Les faits s'étendent de septembre 2016 à fin 2022.
Face à une enquête pénale toujours en cours trois ans et demi après les faits, seize des vingt-quatre salariés ont déposé une citation directe en mars dernier devant le tribunal correctionnel pour accélérer la procédure. Douze plaignants travaillent toujours au complexe funéraire, seuls quatre ayant quitté ce service.
Des consignations fixées
Les consignations demandées aux parties civiles ont été fixées à 1 000 euros pour la plupart, et à 800 euros pour trois d'entre elles, à payer sous deux mois. Elles garantissent le paiement de l'amende civile en cas de citation abusive. Le collectif rappelle qu'aucune pièce visée dans la citation directe ne doit être communiquée aux avocats des mis en cause avant le versement de la consignation.



