Le groupe Nouveau Paris populaire, coprésidé par Sophia Chikirou (LFI) au Conseil de Paris, a annoncé jeudi avoir saisi le procureur de la République pour mettre en cause la « responsabilité pénale » de la Ville dans le scandale des violences sexuelles touchant le secteur périscolaire.
Un signalement ciblé sur les manquements
Le signalement, effectué sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, « ne porte pas sur ces violences elles-mêmes, mais sur ce qui les a entourées », précise le groupe dans un communiqué. Il vise en particulier « la connaissance ancienne du risque » et « les défaillances dans son traitement ». Le groupe, qui compte neuf élus au Conseil de Paris, est coprésidé par Sophia Chikirou et l’écologiste Emile Meunier.
Des signalements tardifs et des agents déplacés
Dans son courrier au procureur, le groupe s’appuie notamment sur un rapport de l’Inspection générale de la Ville datant de juin 2015. Selon lui, les préconisations formulées à l’époque seraient restées « sans effet ». Les élus dénoncent également des « signalements tardifs » ainsi que des situations où des agents auraient été déplacés plutôt qu’écartés.
Ils citent le cas d’une école maternelle du 12e arrondissement où « des faits susceptibles de constituer des agressions sexuelles, remontant à l’automne 2023, n’ont conduit au retrait de l’animateur concerné qu’à l’été 2025 ». Ils évoquent aussi une école du 7e arrondissement, où « un animateur signalé pour des violences n’a pas été suspendu » avant d’être affecté à un autre établissement du 15e arrondissement en décembre 2025.
Une enquête indépendante annoncée
Le Nouveau Paris populaire reproche par ailleurs à l’ancienne maire PS Anne Hidalgo d’avoir « minimisé la portée » de ces faits. Depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour « suspicion de violences sexuelles ou sexistes », a annoncé mardi le maire de Paris Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo.
L’édile socialiste a lancé un plan de 20 millions d’euros pour le périscolaire et annoncé la création d’une « commission d’enquête indépendante », présidée par l’ancien juge des enfants Antoine Garapon, chargée de faire la lumière sur les faits survenus depuis plus de dix ans. Il a également accepté la demande de l’opposition de mettre en place une mission d’information et d’évaluation transpartisane, qui doit être lancée lors du prochain Conseil de Paris.



