L'avocat de la mère de la petite Rosa, qui accuse Jérôme Barella de l'avoir violée « une cinquantaine » de fois selon un rapport d'inspection, a annoncé lundi avoir porté plainte contre Gérald Darmanin, notamment pour « non-assistance à personne en danger ». Cette plainte, déposée devant la Cour de justice de la République (CJR), vise également le chef de « mise en danger de la vie d'autrui », a précisé à l'AFP Me Pierre Debuisson, confirmant une information du Figaro.
Des défaillances lourdes du ministère de la Justice
Selon Me Debuisson, la plainte est « motivée par toute une série de défaillances lourdes de la part du ministère de la Justice » et du garde des Sceaux. Il estime que « globalement la plupart des magistrats font un super travail, ils sont investis, impliqués et finissent par être au bout du rouleau par manque de moyens ». Cependant, ajoute-t-il, « le manque de moyens n'explique pas tout, il y a aussi des magistrats et des enquêteurs qui ne travaillent pas correctement ».
L'avocat précise qu'il « n'attaque pas les juges », dont « l'immense majorité souffre vraiment des conditions de travail qui se désintègrent de jour en jour », mais que « dans toute profession, y compris les avocats ou les journalistes, il y a aussi des vilains petits canards qui ne font pas correctement leur travail ».
Des alertes ignorées sur l'effondrement du système judiciaire
Selon Me Debuisson, le ministère de la Justice et le garde des Sceaux « n'ont pas cessé d'être alertés de façon très vive (...) concernant le risque évident de destructuration et même d'effondrement du système judiciaire français au sens large et en particulier concernant la défense des enfants victimes d'agressions sexuelles ». Sollicitée par l'AFP, la CJR n'avait pas répondu dans l'immédiat.
Le contexte de l'affaire Lyhanna
Principal suspect dans le viol et la mort de Lyhanna, 11 ans, disparue fin mai avant d'être retrouvée morte le 4 juin dans le Gers, Jérôme Barella n'avait jamais été inquiété jusque-là. Il était pourtant visé par une plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa, une enfant également âgée de 11 ans l'accusant de viols. Diligenté après la mort de Lyhanna, un pré-rapport d'une mission d'inspection dévoilé le 22 juin évoque « des défaillances de suivi, de coordination et de pilotage » de l'enquête.



