Condamnation confirmée en appel pour le commissaire ayant blessé une gilet jaune à Nice
Appel : 6 mois avec sursis pour le commissaire ayant blessé une gilet jaune

Le commissaire de police Rabah Souchi, aujourd'hui directeur adjoint de la police municipale de Nice, a été condamné lundi en appel à six mois de prison avec sursis pour sa responsabilité dans la charge violente contre des manifestants des gilets jaunes à Nice en 2019. Cette peine, identique à celle prononcée en première instance, le reconnaît coupable de « complicité de violences par personne dépositaire de l'autorité publique ».

Une charge aux conséquences graves

Le 23 mars 2019, Geneviève Legay, alors âgée de 73 ans, participait à une manifestation de gilets jaunes à Nice, malgré un arrêté préfectoral d'interdiction du rassemblement (annulé par la suite par la justice administrative). Porte-parole départementale d'Attac, elle tenait un drapeau arc-en-ciel lorsque la charge a été ordonnée. Précipitée au sol, elle est restée inanimée, souffrant de plusieurs fractures, notamment au crâne. Hospitalisée pendant deux mois, elle a perdu l'odorat, une partie du goût et 35 % de son audition à l'oreille droite. Les images de la scène avaient largement circulé, marquant l'opinion publique.

Une charge jugée « illégale » par l'accusation

Lors de l'audience en appel à Lyon, l'avocate générale a insisté sur la responsabilité de l'ordre donné, jugeant la charge « pas nécessaire », « inadaptée » et « illégale », visant notamment un groupe comprenant des personnes âgées et des journalistes. Elle avait requis six mois de prison avec sursis, peine finalement retenue par la cour. Rabah Souchi a exprimé sa « compassion » pour la victime, tout en refusant d'endosser « la responsabilité du geste » des policiers ayant exécuté l'action. Sa défense a maintenu qu'il « n'avait fait que transmettre l'ordre qui lui avait été donné », estimant celui-ci « légal pour libérer les lieux ». L'avocat du commissaire l'a présenté comme un « bouc émissaire » dans une affaire très médiatisée.

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Pas d'inscription au casier judiciaire

La cour d'appel a confirmé un point clé : la dispense d'inscription de la condamnation au casier judiciaire. Cette décision signifie que Rabah Souchi pourra probablement conserver son poste. Contactée par l'AFP, la mairie de Nice n'avait pas réagi lundi. Dans la soirée, quelques dizaines de personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de Nice, à l'appel d'Attac, autour de Geneviève Legay, désormais âgée de 80 ans, et de son avocate. Me Mireille Damiano s'est dite « satisfaite » de la confirmation de la condamnation. Sa cliente, elle, a dénoncé une sanction insuffisante : « les citoyens et citoyennes vont en prison pour un oui ou pour un non, lui il n'a que six mois avec sursis, sans inscription au casier judiciaire, c'est lamentable ».

Un symbole des violences policières

L'affaire avait été marquée par les déclarations du président Emmanuel Macron, qui avait conseillé à Geneviève Legay « un comportement responsable » et « une forme de sagesse ». Cette condamnation, bien que confirmée, suscite des réactions contrastées, entre satisfaction des associations et sentiment d'impunité pour les victimes.

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