L’affaire Jérôme Barella connaît un nouveau rebondissement judiciaire. L’avocat de la mère de la petite Rosa, qui accuse Jérôme Barella de l’avoir violée « une cinquantaine » de fois selon un rapport d’inspection, a annoncé lundi avoir déposé une plainte contre Gérald Darmanin. Cette action vise notamment des faits de « non-assistance à personne en danger ». Déposée devant la Cour de justice de la République (CJR), elle met directement en cause le garde des Sceaux.
Des accusations graves contre le ministre
Selon Me Pierre Debuisson, la plainte est « motivée par toute une série de défaillances lourdes de la part du ministère de la Justice » et du ministre. Elle vise aussi des faits de « mise en danger de la vie d’autrui ». L’avocat, qui confirme une information du Figaro, élargit ainsi le champ des responsabilités pointées dans ce dossier particulièrement sensible.
Un constat sévère sur le fonctionnement de la justice
L’avocat dresse un constat sévère du fonctionnement de la justice. « Globalement la plupart des magistrats font un super travail, ils sont investis, impliqués et finissent par être au bout du rouleau par manque de moyens. Il y a un gros problème de manque de moyens, mais le manque de moyens n’explique pas tout, il y a aussi des magistrats et des enquêteurs qui ne travaillent pas correctement », a estimé Me Pierre Debuisson.
Il insiste toutefois sur le fait qu’il ne vise pas l’ensemble de la profession. « Je n’attaque pas les juges », dont « l’immense majorité souffre vraiment des conditions de travail qui se désintègrent de jour en jour ». Mais il ajoute qu’« dans toute profession, y compris les avocats ou les journalistes, il y a aussi des vilains petits canards qui ne font pas correctement leur travail ». Une critique qui mêle soutien global et dénonciation de dysfonctionnements ciblés.
Alertes ignorées selon la défense
Pour l’avocat, le problème serait plus profond encore. Il affirme que le ministère et Gérald Darmanin « n’ont pas cessé d’être alertés de façon très vive […] concernant le risque évident de destructuration et même d’effondrement du système judiciaire français au sens large et en particulier concernant la défense des enfants victimes d’agressions sexuelles ». Des alertes qui, selon lui, n’auraient pas été suffisamment prises en compte.
Sollicitée par l’AFP, la Cour de justice de la République n’avait pas répondu dans l’immédiat. Cette juridiction est compétente pour juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. La plainte pourrait donc ouvrir une nouvelle séquence judiciaire et politique.
Une affaire déjà marquée par des failles
Le nom de Jérôme Barella est déjà au cœur d’une autre affaire dramatique. Il est le principal suspect dans le viol et la mort de Lyhanna, 11 ans, disparue fin mai avant d’être retrouvée morte le 4 juin dans le Gers. Pourtant, il n’avait jusque-là jamais été inquiété, alors même qu’il était visé par une plainte déposée en août 2025 par la mère de Rosa.
Après la mort de Lyhanna, une mission d’inspection a été lancée. Un pré-rapport dévoilé le 22 juin pointe « des défaillances de suivi, de coordination et de pilotage » dans l’enquête. Des manquements qui nourrissent aujourd’hui les critiques et renforcent la portée de la plainte déposée contre le ministre de la Justice.



