Gaël Perdriau rejugé en appel pour chantage à la sextape
Perdriau rejugé en appel pour chantage à la sextape

Gaël Perdriau a de nouveau rendez-vous devant la justice. L’ancien maire de Saint-Étienne est rejugé en appel à partir de ce lundi, six mois après avoir été déclaré « entièrement coupable » et condamné à de la prison ferme pour un chantage à la sextape sur son premier adjoint. Se déclarant totalement « innocent », il comparaît cinq jours devant la cour d’appel de Lyon pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics.

Un hiver en prison

Gaël Perdriau a été condamné le 1er décembre à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d’inéligibilité, avec exécution provisoire, ce qui lui a valu de passer deux mois derrière les barreaux cet hiver. Son ancien directeur de cabinet Pierre Gauttieri, qui a écopé de deux ans de prison ferme en première instance, n’a en revanche pas fait appel.

Face à la justice, l’ancien maire va retrouver deux coprévenus, qui ont mis en œuvre le sordide traquenard. L’ex-adjoint à l’Éducation Samy Kéfi-Jérôme et son compagnon d’alors, Gilles Rossary-Lenglet, condamnés à trois ans ferme, ont admis avoir piégé l’ancien premier adjoint Gilles Artigues en le filmant à son insu en 2015 dans une chambre d’hôtel parisien avec un jeune prostitué qu’ils avaient recruté.

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La vidéo a été utilisée les années suivantes pour museler au conseil municipal l’ancien député UDI, soupçonné de vouloir prendre ses distances après avoir contribué à l’élection du LR Gaël Perdriau à la mairie grâce à une alliance entre leurs deux partis.

Perdriau dénonce « une erreur judiciaire »

Lors de l’instruction et du premier procès, Gilles Rossary-Lenglat, qui a révélé le scandale à Mediapart en 2022, et Pierre Gauttieri ont assuré que le maire était le commanditaire de ce film, dont les auteurs ont été rémunérés via des subventions fictives à des associations stéphanoises. Des faits « d’une extrême gravité » pour des élus « ignorant de leurs devoirs de dignité et d’exemplarité », avait implacablement jugé le tribunal correctionnel de Lyon, l’obligeant aussi à quitter immédiatement la mairie de Saint-Étienne.

À 53 ans, Gaël Perdriau « attend la vérité, à laquelle ne correspond pas le jugement de première instance, une erreur judiciaire », assène son conseil Me Jean-Félix Luciani. « Nous redirons tout simplement qu’il est innocent de tout », ajoute l’avocat. L’ancien édile a seulement reconnu avoir été informé de l’existence d’une vidéo dès 2015 mais affirme ne l’avoir jamais visionnée et s’en être toujours « désintéressé », pensant qu’il s’agissait de « jeux » entre « adultes consentants ».

Un scénario difficile à accréditer

Un scénario qui sera ardu à faire accréditer : dans des enregistrements audio de Gaël Perdriau réalisés à son insu par Gilles Artigues en 2017 et 2018, il mentionne une vidéo « où on voit ce qu’il y a à voir » et ajoute : « une fois que c’est sur les réseaux sociaux, c’est plus du chantage […], c’est une exécution ».

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