Une mère et sa fille condamnées pour empoisonnements inspirés de séries Netflix
Mère et fille condamnées pour empoisonnements inspirés de Netflix

Une mère et sa fille condamnées pour une série d'empoisonnements inspirés de Netflix

Une mère et sa fille ont été condamnées à respectivement 15 et 20 ans de réclusion criminelle par la cour d'assises de Vendée, vendredi 27 mars 2026. Pendant près de deux ans, elles ont empoisonné à plusieurs reprises le compagnon de la jeune femme, s'inspirant de séries télévisées populaires.

Un calvaire de deux ans pour la victime

Le calvaire de la victime, Enrique, a duré presque deux ans, marqué par plusieurs tentatives d'empoisonnement. La jeune femme, Amélie, a également été reconnue coupable de tentative de meurtre pour avoir saboté les freins de la voiture de son compagnon, qui était partie civile au procès. Cette lourde peine suit les réquisitions de l'avocate générale, qui avait requis vingt ans de prison pour les deux accusées, âgées de 62 et 37 ans.

L'avocate générale a évoqué un "projet criminel digne d'un scénario de film" et leur "volonté de tuer", soulignant la gravité des faits. Les deux femmes ont reconnu les actes qui leur étaient reprochés, mais ont présenté des motivations complexes liées à leur relation et à des tensions conjugales.

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Des méthodes inspirées de séries télévisées

Le premier empoisonnement remonte à 2021, lorsque Amélie a servi à son compagnon une tasse de café dans laquelle elle avait dilué 30 cachets d'alprazolam, un anxiolytique. Sa mère, Carole, a broyé les comprimés pour faciliter l'administration. Enrique n'a conservé aucun souvenir de cette journée, marquant le début d'une série d'attaques.

Par la suite, les accusées ont utilisé de l'aconit, une plante toxique, saupoudrée sur un plat de chili con carne. Enrique a rapporté avoir ressenti des "fourmis dans la bouche" et des frissons dès les premières bouchées, croyant "mourir" ce jour-là. Elles ont aussi tenté d'utiliser du ricin, glissé dans un paquet de tabac et un sachet d'olives, que la victime n'a finalement pas consommé.

Aux enquêteurs, Amélie a expliqué s'être inspirée de plusieurs séries télévisées : l'aconit a été vu dans un épisode de "You", et le ricin dans une scène de "Breaking Bad". Cette révélation a ajouté une dimension médiatique au procès, mettant en lumière l'influence des contenus audiovisuels sur des comportements criminels.

Une relation fusionnelle et des motivations troubles

La jeune femme, en larmes à l'énoncé du verdict, et sa mère ont qualifié leur relation de "fusionnelle" lors du procès. Amélie et Enrique, en couple depuis la fin des années 2010 jusqu'au début de l'enquête en 2023, ont tous deux évoqué des violences conjugales subies.

Peintre en carrosserie, Amélie travaillait dans un "milieu d'hommes" provoquant une "jalousie excessive" chez son compagnon, a-t-elle affirmé. Elle se décrit elle-même comme "jalouse" et "possessive". Carole a justifié ses actes en disant avoir agi pour aider sa fille, afin qu'elle soit "tranquille".

Selon la victime, Amélie avait l'intention de "récupérer" leur maison achetée près de La Roche-sur-Yon. "Ca a pu apparaître dans mon esprit, mais ce n'était pas le motif principal", a-t-elle déclaré aux enquêteurs, laissant planer un doute sur les véritables raisons derrière ces empoisonnements.

En plus de la peine de prison, la cour d'assises a prononcé à l'encontre d'Amélie un suivi socio-judiciaire de cinq ans, visant à encadrer sa réinsertion et prévenir toute récidive. Ce cas soulève des questions sur l'impact des médias et la complexité des dynamiques familiales dans des affaires criminelles.

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