Tentative de meurtre à Montpellier : troisième procès après une erreur de procédure
Montpellier : troisième procès pour tentative de meurtre

Près de sept ans après l'agression au couteau qui a failli coûter la vie à un employé de la discothèque l'Entrepôt à Montpellier, le 30 août 2019, et après deux procès aux assises, la séquence judiciaire n'est toujours pas close. En cause : un couac de procédure soulevé par la défense, qui a conduit à l'annulation du verdict. Toute l'affaire devra être rejugée dans les prochains mois à Carcassonne, aggravant l'engorgement de la justice criminelle dans la région.

Une erreur de rédaction aux conséquences lourdes

À cause d'une erreur de la cour d'assises des Pyrénées-Orientales dans la rédaction d'un verdict, la cour d'appel de Montpellier va devoir organiser un troisième procès pour juger cinq hommes accusés d'une tentative de meurtre. Cette nouvelle épreuve est difficile pour la victime et ses proches, qui doivent encore attendre que justice soit rendue et être indemnisés. Pour les accusés, qui nient toute implication, l'incertitude persiste.

Les faits : une agression brutale en 2019

Le crime est survenu vers 6 heures du matin, le 30 août 2019, devant la discothèque l'Entrepôt à Montpellier. Un groupe d'hommes a surgi alors que l'établissement était fermé et s'est rué sur un employé chargé du nettoyage, qui balayait à l'extérieur. Jeté au sol et frappé, il a été grièvement blessé d'un coup de couteau à la gorge. Il n'a dû la vie sauve qu'en conduisant jusqu'à l'hôpital tout en bloquant l'hémorragie d'une main. La scène, filmée par une caméra de surveillance, est pixélisée et rend difficile toute identification formelle.

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Une expédition punitive après un incident

L'enquête s'est focalisée sur un groupe de Parisiens en vacances dans la région, qui auraient eu un différend avec le personnel de sécurité de la discothèque. Par vengeance, ils auraient monté une expédition punitive contre l'établissement, s'en prenant au premier employé trouvé, un homme handicapé sans lien avec les vigiles. Six d'entre eux ont été mis en examen pour tentative de meurtre, mais l'un d'eux, en fuite, n'a jamais été appréhendé.

Les deux premiers procès

Le 30 mai 2024, à l'issue d'un procès tendu à Montpellier, la cour et les jurés ont condamné l'auteur présumé du coup de couteau à 20 ans de prison, et ses comparses à des peines de 14 à 15 ans. Les condamnés ont fait appel. L'affaire a été rejugée au printemps 2025 à Perpignan. Deux accusés ont reconnu leur présence sur les lieux, et l'avocat général a requis la préméditation. La cour a condamné l'auteur à 19 ans, trois coaccusés à 16 ans, et le dernier à 10 ans ferme.

Un problème de procédure

Problème : les avocats de la défense ont relevé que leurs clients ont été condamnés pour tentative d'assassinat, mais l'arrêt écrit ne mentionne que la tentative de meurtre. La préméditation a disparu du verdict. Dans son arrêt du 15 avril, la Cour de cassation a jugé que ces discordances entraînent l'annulation de la condamnation. Les quatre hommes doivent donc être rejugés.

Réactions des avocats

Me Laurent Pasquet-Marinacce et Me Youri Krassoulia, avocats du plus lourdement condamné, se félicitent de cette décision : « Elle va permettre de juger notre client dans des conditions qui devront enfin permettre la manifestation de la vérité, notamment par la recherche d'un témoin clé en fuite depuis les faits. » En revanche, Me Anthony Chabert, partie civile pour la victime, dénonce un « calvaire judiciaire » : « Humainement, c'est très difficile d'imposer un troisième procès à la victime, qui devra raconter une nouvelle fois ce qu'elle a subi. On a l'impression d'être dans un jour sans fin, sans parler des coûts et de la logistique. »

Perspectives

La date du troisième procès, qui pourrait se tenir à Carcassonne, n'est pas encore fixée. D'ici là, les quatre accusés devraient déposer des demandes de remise en liberté. Cette affaire illustre les conséquences d'une simple erreur de rédaction sur le parcours judiciaire, tant pour les victimes que pour les accusés.

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