L'affaire Mis et Thiennot, présentée comme l'une des plus grandes erreurs judiciaires françaises, connaît un nouvel épisode décisif. La Cour de révision a examiné le 10 juin 2026 la demande de réhabilitation de ces deux hommes, condamnés en 1952 pour le meurtre d'un garde-chasse à Saint-Maurice-de-Beynost, dans l'Ain. Ils ont toujours clamé leur innocence.
Un combat de sept décennies
Condamnés aux travaux forcés à perpétuité, Raymond Mis et Gabriel Thiennot ont passé près de 20 ans en prison avant d'être libérés. Depuis, leurs familles n'ont cessé de se battre pour obtenir la reconnaissance de leur innocence. L'affaire a été marquée par des témoignages contradictoires, des aveux obtenus sous la contrainte et des expertises contestées.
Les faits reprochés
Le 23 décembre 1946, le garde-chasse Auguste Mounoud est tué par balle. Mis et Thiennot sont rapidement arrêtés. Leur procès, en 1952, repose sur des indices fragiles. Aucune preuve matérielle ne les relie à la scène de crime. Pourtant, ils sont condamnés. En 1954, un autre homme, René Périard, avoue le meurtre, mais il se rétracte plus tard. La justice n'a jamais rouvert le dossier.
Les espoirs de réhabilitation
La demande de révision déposée en 2023 s'appuie sur des éléments nouveaux : des documents d'archives montrant que l'enquête a été bâclée, des témoignages oubliés et une analyse balistique moderne qui contredit les conclusions de l'époque. La Cour de révision a entendu les avocats des parties et le parquet général. Une décision est attendue dans les semaines à venir.
Pour les familles, cette audience est un pas vers la vérité. « Nous espérons que la justice reconnaîtra enfin l'innocence de nos pères », a déclaré l'un des fils des accusés. Si la révision est accordée, un nouveau procès pourrait être organisé. Sinon, ce serait un nouveau coup dur pour les proches, qui luttent depuis 70 ans.
L'affaire Mis et Thiennot est devenue un symbole des défaillances de la justice française. Elle a inspiré des livres, des documentaires et des mobilisations citoyennes. Quel que soit l'issue, elle restera dans les annales judiciaires comme un avertissement sur les dangers de l'erreur.



