La levée du dispositif de séparation par hygiaphone au parloir, actuellement imposé au terroriste Salah Abdeslam, a été refusée par la justice. Dans une nouvelle ordonnance rendue mercredi et consultée ce jeudi par l’AFP, le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande. Le juge des référés a été sensible à de nouveaux éléments apportés en défense par l’administration pénitentiaire.
Menaces et incidents
Selon l’administration pénitentiaire, Salah Abdeslam aurait demandé le 4 avril à un autre détenu « s’il pouvait se procurer l’adresse du directeur de sa prison, afin qu’il envoie "deux ou trois gars" pour faire une "catastrophe", sans "vouloir attendre 2086" ». Des propos que dément Salah Abdeslam. Selon les observations de son avocat Me Benoît David, citées dans la nouvelle ordonnance du tribunal révélée par le quotidien régional La Voix du Nord, les menaces verbales reprochées à son client ont été « sorties de manière opportune par l’administration, sans que ce soit vérifiable et contestable ».
Dangerosité persistante
Plusieurs visiteuses, dont sa mère, auraient par le passé tenté de lui remettre des produits interdits lors de parloirs : nourriture, parfum, huile essentielle ou encore un objet en plastique pour massage, toujours selon l’administration pénitentiaire. « Ces éléments démontrent la dangerosité persistante de Salah Abdeslam et la volonté de ses proches de commettre des actes irréguliers à l’occasion des parloirs, justifiant qu’il ne bénéficie plus de parloirs ordinaires », a estimé le ministère de la Justice dans son mémoire en défense. La mère et la sœur d’Abdeslam avaient été arrêtées en avril avant un parloir puis libérées au bout de 48 heures, sans poursuites judiciaires. Fin 2025, Abdeslam lui-même avait été placé en garde à vue après la découverte d’une clé USB remise par une ex-compagne au parloir, qui contenait de la propagande « d’organisations terroristes, Etat islamique ou Al-Qaïda » selon le Parquet national antiterroriste.
Chronologie judiciaire
Début avril, le tribunal administratif de Lille avait pourtant ordonné à l’Etat d’assouplir les conditions de parloir de Salah Abdeslam, ajoutant même par la suite une astreinte financière de 100 euros par jour si l’administration pénitentiaire ne respectait pas cette injonction. Mais compte tenu des nouveaux éléments apportés par l’administration, la justice a déjà supprimé cette astreinte financière depuis le 20 mai.
Pour rappel, Salah Abdeslam, dernier membre en vie du commando des attentats du 13 novembre 2015 à Paris, purge une peine de réclusion à perpétuité à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), où il est placé à l’isolement.



