L'avocat de Cédric Jubillar dénonce des conditions de détention inhumaines à Toulouse
Pierre Debuisson, le nouvel avocat de Cédric Jubillar, a vivement critiqué les conditions de détention de son client lors d'une interview sur RTL ce mardi 10 février 2026. Cédric Jubillar, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de sa compagne Delphine, est incarcéré à la maison d'arrêt de Toulouse-Seysse en attendant son procès en appel prévu en 2027.
Un isolement jugé "illégitime" et des pratiques contestées
Me Pierre Debuisson a affirmé que son client est soumis à un isolement "illégitime", le privant de lumière naturelle et l'exposant à des hurlements continus. Il a également évoqué des fouilles corporelles intrusives trois fois par semaine, forçant Cédric Jubillar à se dénuder intégralement. Selon l'avocat, cette situation crée un "isolement cognitif, psychologique et social" qui rend son client incapable de se défendre correctement.
Plus grave encore, Me Debuisson a révélé qu'un surveillant de l'administration pénitentiaire aurait écouté des conversations privées entre Cédric Jubillar et son avocat lors d'un parloir, violant ainsi le secret professionnel. L'avocat a annoncé son intention d'alerter le garde des Sceaux et de déposer plainte pour ces pratiques.
Menaces de boycott du procès en appel
Face à ces conditions, Pierre Debuisson a menacé de ne pas assister à la réunion préparatoire prévue le 19 février, ni à l'audience du jugement. Il a ajouté que Cédric Jubillard ne se présenterait pas non plus au procès en appel si son maintien au quartier d'isolement persiste. Cette position ferme vise à dénoncer ce qu'il qualifie de traitement inhumain.
Contexte de l'affaire et changement de stratégie
Cédric Jubillar, un peintre-plaquiste de 38 ans, a été condamné en première instance à 30 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine, disparue à Cagnac-les-Mines (Tarn) en décembre 2020. Il a toujours nié les faits. Après avoir été défendu pendant quatre ans et demi par Emmanuelle Franck et Alexandre Martin, il a choisi Pierre Debuisson pour son appel, souhaitant "changer de stratégie" sans dévoiler les détails.
Par ailleurs, en décembre, Cédric Jubillar s'est vu retirer l'autorité parentale sur ses deux enfants, Louis et Elyah, âgés de 11 et 6 ans, confiés à leur tante maternelle. Cette décision s'ajoute aux défis juridiques et personnels auxquels il fait face.
Les déclarations de Me Debuisson soulèvent des questions cruciales sur les droits des détenus et l'équité des procédures judiciaires, alors que l'affaire continue de captiver l'attention publique.