Carole, septuagénaire passionnée d'antiquités, révèle son usage quotidien du smartphone
Une retraitée dévoile son addiction aux plateformes d'antiquités

Une retraitée française dévoile son rapport singulier au smartphone

Verdict : 2 heures et 33 minutes de temps d'écran moyen par jour. C'est le temps quotidien que consacre Carole*, ancienne anesthésiste-réanimateur à la retraite, à son smartphone. La septuagénaire, qui travaille encore deux jours par semaine dans l'administration d'un hôpital de banlieue parisienne, nous ouvre les portes de son téléphone et révèle une passion inattendue.

Une addiction aux antiquités numériques

Bien qu'elle ne passe pas ses journées les yeux rivés sur l'écran de son iPhone 12, Carole possède un péché mignon bien particulier : les sites de vente d'antiquités. « Je suis accro, je suis dessus tous les jours ou presque. C'est très satisfaisant pour moi de reconnaître la valeur des objets, de me familiariser avec... C'est un peu comme si j'étais antiquaire ou brocanteur professionnel », confie-t-elle avec enthousiasme. Paradoxalement, elle serait « parfaitement incapable d'utiliser Amazon ». Ce qu'elle affectionne particulièrement chasser sur ces plateformes spécialisées ? « Les tableaux, j'adore ça ! ».

Une passion née pendant la pandémie

Son immersion dans cet univers numérique s'est produite presque par hasard en 2020, alors qu'elle recherchait une table basse. Son beau-frère, commissaire-priseur, l'a orientée vers ces plateformes en ligne. Durant la période Covid, à mesure que sa passion grandissait, son œil de collectionneuse s'aiguisait remarquablement. Au-delà de la décoration de son intérieur – elle acquiert en moyenne un objet par mois sur ces sites –, Carole déniche également des cadeaux pour ses proches. « J'ai réussi à me forger un regard pour ces choses-là. Certaines connaissances me demandent d'ailleurs régulièrement de l'aide pour trouver des tableaux, des statuettes, pour réaliser de bonnes affaires... ».

Un marché en pleine expansion numérique

Carole est loin d'être isolée dans cette passion grandissante. Selon un rapport du site d'études de marché Research and Markets, le marché des antiquités et objets de collection entame précisément une période de forte croissance, qui pourrait atteindre environ 5 % entre 2025 et 2033. Le document souligne que « la demande croissante pour les pièces rares et uniques, conjuguée à l'essor des plateformes de vente en ligne, élargit la participation des collectionneurs, qu'ils soient expérimentés ou plus jeunes ».

Proantic et VNTG : ses plateformes de prédilection

Son site favori demeure incontestablement Proantic. « D'ailleurs, j'y vais tellement que je n'ai plus qu'à taper la lettre "P" dans ma barre de recherches, et je tombe dessus. J'y ai acheté beaucoup de choses », explique-t-elle. Depuis son smartphone ou sa tablette iPad, elle explore pendant des heures pour dénicher des tableaux de tous styles : « Ce sont principalement des objets d'avant les années 1960. Et il y a de tout, de grandes ou de petites peintures, du figuratif, de l'abstrait... ».

Autre plateforme appréciée : VNTG (pour « vintage »). Ce site rassemble principalement des vendeurs néerlandais ou belges – les deux pays étant les plus importants marchands d'antiquités et de brocantes en Europe – et commercialise essentiellement des objets des années 1960. « Je me souviens y avoir notamment trouvé un fauteuil que j'ai fait venir de Tchécoslovaquie. Je l'avais cherché pendant trois ou quatre ans, et il est arrivé chez moi en moins de quinze jours », se réjouit l'ancienne médecin.

Un usage mesuré et familial du smartphone

Lorsqu'on l'interroge sur ses habitudes téléphoniques, Carole révèle un usage étonnamment équilibré :

  • Application indispensable : « Peut-être celles de médias... Ou les applications bancaires. On m'a fait remarquer que j'avais mis du temps à m'y mettre, mais maintenant que c'est fait je trouve ça révolutionnaire ! »
  • Consultation matinale : « Je ne consulte pas mon téléphone le matin au réveil : je vérifie seulement si je n'ai pas reçu une photo de mes petits-enfants. »
  • Pic d'utilisation : « Le moment où mon temps d'écran est le plus élevé, ce sont les après-midi où je ne travaille pas. »
  • Réseaux sociaux : Elle n'utilise qu'Instagram pour partager des photos d'expositions et suivre des comptes culinaires ou musicaux.
  • Communication : Privilégie les appels téléphoniques en raison de sa presbytie.

Carole insiste sur le fait qu'elle n'utilise jamais son téléphone pendant les repas, devant la télévision ou lorsqu'elle s'occupe de ses petits-enfants. « C'est vraiment quelque chose que je fais quand je suis seule », précise-t-elle. Ses proches lui reprochent d'ailleurs de « ne jamais l'avoir sur moi ».

Un rapport détaché à la technologie

« Je ne me sens pas du tout addict à mon téléphone... Et je ne suis pas très à l'aise avec, même si je ne fais pas d'efforts pour l'être plus : je vois bien que je tape avec un seul doigt et lentement, en plus de la presbytie. En plus, je ne comprends pas forcément les raccourcis SMS : j'ai mis dix ans à comprendre "LOL" ! », conclut-elle en souriant.

*Le prénom a été modifié pour préserver l'anonymat.