La nouvelle PPE : le nucléaire confirmé, mais le mix énergétique reste à définir
Nouvelle PPE : nucléaire confirmé, mix énergétique en suspens

La nouvelle PPE : un tournant nucléaire, mais des questions persistantes

Êtes-vous plutôt partisan des éoliennes, des panneaux solaires ou du nucléaire ? Cette interrogation simple cache en réalité un choix complexe qui définira l'identité énergétique de la France pour les prochaines décennies. Avec des enjeux majeurs sur la décarbonation de l'électricité, le pouvoir d'achat des ménages et l'indépendance énergétique nationale, la réponse n'est pas triviale.

Une boussole énergétique attendue depuis deux ans et demi

Le document tant attendu, la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE), vient enfin d'être publié sous forme de décret. Cette nouvelle édition enterre définitivement celle de 2018, qui avait failli mettre à mal la filière nucléaire française en prévoyant la fermeture de quatorze réacteurs. Heureusement, seule la centrale de Fessenheim a effectivement cessé ses activités. Depuis, l'exécutif a redécouvert les atouts de l'atome tricolore, dans un contexte où la France cherche à s'émanciper des énergies fossiles.

La nouvelle PPE inscrit dans le marbre ce tournant nucléaire, en explicitant pour la première fois le choix de l'État de construire six réacteurs de nouvelle génération (EPR2). Elle demande également à EDF de travailler sur une liste complémentaire de huit autres réacteurs. Cette orientation marque une victoire pour les partisans du nucléaire, mais le débat est loin d'être clos.

Le "en même temps" énergétique : nucléaire ET renouvelables

Comme souvent dans le macronisme, il subsiste un petit air du fameux "en même temps". La PPE promeut à la fois le nucléaire et les énergies renouvelables, affirmant leur compatibilité. Cependant, cette combinaison nécessite une planification minutieuse. Ces derniers mois, l'énergie solaire a connu une croissance rapide, séduisant particulièrement les agriculteurs. En journée, le solaire parvient parfois à effacer le nucléaire, mais la nuit ou en hiver, il devient quasi inexistant.

Cette intermittence impose une gymnastique complexe des raccordements et des sources d'énergie, qui coûte cher aux finances publiques et désorganise les réseaux. En 2025, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité (RTE) a noté que la France est passée à deux reprises à côté du "black-out", soulignant la fragilité du système.

Des incertitudes planificatrices et politiques

La nouvelle PPE va-t-elle mettre de l'ordre dans ce grand bazar ? Si le choix du nucléaire peut y contribuer, des points cruciaux restent à éclaircir. Ces dernières années, la France a largement sous-estimé la baisse de la consommation d'électricité, qui a reculé de 7 % depuis 2019. Le gouvernement attribue cette diminution à l'effort de sobriété, mais certains y voient les effets de la désindustrialisation.

Le débat énergétique fait rage et divise profondément la classe politique. Pour faire passer cette PPE, le gouvernement a opté pour la voie réglementaire, un choix prudent. Cependant, le sujet est loin d'être clos et ressurgira inévitablement dans la campagne présidentielle. De nombreuses questions restent en suspens, notamment sur la manière optimale de combiner les différentes sources d'énergie pour assurer une transition à la fois efficace et abordable.

La France se trouve ainsi à un carrefour énergétique, où chaque option – éolien, solaire, nucléaire – comporte ses avantages et ses défis. La nouvelle PPE offre un cadre, mais c'est aux décideurs politiques et à la société civile de trancher les arbitrages difficiles qui façonneront notre avenir énergétique.