Le directeur de l'hôpital de Mont-de-Marsan tire le bilan avant sa nomination à Paris
Frédéric Pigny quittera ses fonctions de directeur du centre hospitalier de Mont-de-Marsan pour prendre la direction générale du Centre national de gestion des praticiens et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière le 23 février 2026. À quelques jours de son départ, il dresse un bilan approfondi de ses six années d'activité dans les Landes, une période marquée par des défis exceptionnels et des réalisations significatives.
Une prise de fonction en pleine crise sanitaire
Vous avez pris vos fonctions de directeur du centre hospitalier en janvier 2020, quelques mois avant le confinement lié au Covid. Quel souvenir gardez-vous de cette période ?
« C'était une période singulière, faite de beaucoup d'incertitudes. Dans une configuration de découverte d'une pandémie, avec des situations aiguës, il était indispensable de décliner des mesures en lien avec notre réalité locale et le flux des patients à prendre en charge. Nous devions trouver des réponses équilibrées et adaptées en temps réel. »
Cette situation de crise a permis au directeur d'établir une ligne directe avec l'ensemble des médecins, des cadres soignants et des équipes techniques et administratives. « Malgré la période difficile, cela a été une formidable opportunité pour créer du lien et établir la confiance avec les 3 400 agents de cet établissement. La cohésion d'équipe s'est renforcée dans l'adversité. »
La gestion d'un déficit financier important
L'exercice 2025 se termine avec un déficit de 8,9 millions d'euros, moins catastrophique que prévu. Comment avez-vous géré cette dégradation des finances qui touche de nombreux hôpitaux français ?
« C'est un exercice d'équilibre permanent. Les hôpitaux sont particulièrement impactés sur l'ensemble des domaines de dépenses. Il faut réussir à la fois à sécuriser le quotidien, notamment dans la maîtrise des masses salariales, et développer de nouvelles activités pour générer davantage de recettes. La recherche permanente de cet équilibre financier est un défi quotidien pour tous les établissements de santé. »
Une dynamique territoriale renforcée
Ces six années ont aussi vu une dynamique se créer sur le plan territorial...
« J'ai vécu six années particulièrement riches ici. Le propre d'un hôpital, c'est de se développer en permanence. J'ai pu compter sur un établissement déjà engagé dans une dynamique d'ouverture sur son territoire, avec un lien privilégié avec la médecine de ville. L'hôpital avait déjà connu le décloisonnement sanitaire médico-social, puisqu'il gère certains Ehpad et des structures liées au handicap. »
Le directeur insiste sur l'ADN de l'établissement : « C'est un hôpital tourné vers la santé publique, c'est-à-dire vers des actions de prévention et de promotion. Pour moi, soignant de formation, c'était un terrain de jeu idéal. Ma préoccupation constante a toujours été de promouvoir la santé publique et de faire de cet établissement un lieu d'excellence et d'expertise en soins. »
La fierté des relations humaines
De quoi êtes-vous le plus fier durant ces six années passées à Mont-de-Marsan ?
« Je suis très fier de la relation privilégiée que j'ai pu avoir avec chacune et chacun. J'ai réussi, je pense, à établir des relations de confiance et à porter une attention constante aux 3 400 personnels. Même si l'organisation du centre hospitalier autour de six sites, plus le site du GCS à Aire-sur-l'Adour, oblige à se démultiplier, j'ai tenté de créer ces conditions privilégiées. »
Et d'ajouter : « Accompagner les professionnels, leur permettre de trouver de l'épanouissement et de la sécurité dans leur pratique professionnelle, c'est quelque chose d'assez fort. Je me suis beaucoup plu dans les Landes et je passe le flambeau avec sérénité avant de prendre d'autres responsabilités. »
Les nouvelles fonctions à Paris
Un mot sur vos nouvelles fonctions ?
« Je prendrai mes nouvelles fonctions le 23 février. J'aurai la chance de rejoindre le Centre national de gestion des praticiens et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière à Paris, où je serai directeur général. C'est un poste à hautes responsabilités et à fort enjeu stratégique, un challenge professionnel tout à fait stimulant qui me permettra de mettre à profit mon expérience de terrain. »
La préoccupation des agressions en hausse
Frédéric Pigny a insisté sur les violences subies ces derniers mois par les agents hospitaliers. « Les agressions ont toujours existé, mais elles ont tendance à s'amplifier, à la fois en volume et dans leur forme. C'est un élément de préoccupation majeur. Il faut sécuriser, sensibiliser et former les personnels pour pouvoir se prémunir de toute forme d'agression. »
Le directeur souligne : « C'est notre devoir d'assurer la sécurité de l'ensemble des agents. Pour toutes celles et ceux qui ont choisi d'aider les autres et qui consacrent leur vie à servir un hôpital public, c'est inacceptable et insupportable d'être victime directe ou indirecte de ces agressions. Même si on peut comprendre le ras-le-bol, l'inquiétude et l'impatience des usagers, il faut rappeler les droits et obligations de chacun. »
Ce bilan complet témoigne d'un mandat riche en défis et en réalisations, préparant Frédéric Pigny à ses nouvelles responsabilités nationales dans la gestion des ressources humaines hospitalières.