Jean-Eudes Gannat, figure de l'extrême droite radicale, a été condamné ce mercredi 10 juin 2026 à trois mois de prison avec sursis pour injure et provocation à la haine raciale par le tribunal d'Angers. Il devra également indemniser les parties civiles. Connu pour avoir fondé l'Alvarium, un groupuscule violent dissous fin 2021, il est depuis mars dernier conseiller municipal à Segré-en-Anjou Bleu, où il siège dans l'opposition avec six de ses colistiers d'extrême droite radicale.
Des propos haineux en vidéo
Le 6 novembre 2025, Jean-Eudes Gannat publie une vidéo tournée devant un supermarché à Segré-en-Anjou Bleu. On y voit cinq réfugiés afghans assis derrière lui. Il déclare : « Marre de vivre avec les cousins des talibans jusqu'au fond de nos campagnes », ajoutant que ces personnes « traînent » et sont « toujours en train de s'acheter de la bouffe, à rien branler ». Ces propos lui valent une condamnation pour injure et provocation à la haine raciale. Il a annoncé son intention de faire appel.
Un parcours militant sulfureux
Peu connu du grand public, Jean-Eudes Gannat est une personnalité plébiscitée par la mouvance identitaire. Après avoir fondé l'Alvarium, un groupe violent basé à Angers, il a su capitaliser sur sa notoriété pour se lancer en politique. Son élection en mars 2026 comme conseiller municipal à Segré-en-Anjou Bleu lui confère une crédibilité politique nouvelle, mais il continue ses activités militantes. Ses détracteurs soulignent qu'il alterne entre une image de politique respectable et des méthodes de rue violentes.
Cette dualité interroge sur la place de l'extrême droite radicale dans les institutions locales. Alors que le procès en appel se profile, Jean-Eudes Gannat reste une figure clivante, suscitant à la fois l'adhésion de ses partisans et l'inquiétude des défenseurs des droits humains.



