Une héritière de l'empire Schlumberger attaque en justice une voyante pour escroquerie et diffamation
Ce mercredi 22 avril 2026, le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse dans l'Ain examine un dossier judiciaire hors du commun. Margaux Primat, 37 ans, l'une des héritières de la famille Schlumberger - l'empire pétrolier français fondé par son arrière-grand-père - poursuit Sahra M., une femme se présentant comme voyante, pour diffamation, escroquerie et tentative d'extorsion de fonds.
Une affaire de manipulation psychologique et financière
Selon l'accusation, la voyante aurait profité de la vulnérabilité de Margaux Primat, particulièrement après le décès de son père, pour exercer des pressions psychologiques et obtenir des sommes d'argent importantes. La jeune femme, qui réside entre Monaco, Los Angeles et la Suisse, aurait été sous l'emprise de Sahra M. entre 2018 et 2025.
L'avocate de Mme Primat, Me Nawja El Haïté, explique : "Les agissements de Sahra M. constituent une escroquerie, ainsi qu'une tentative caractérisée d'extorsion de fonds, la contrainte étant exercée par la menace d'atteinte à la réputation et par un climat d'intimidation soigneusement entretenu."
Des pratiques ésotériques et des manœuvres d'intimidation
La voyante, qui se présente également comme énergéticienne et praticienne de rites dits de plomb, aurait utilisé diverses méthodes pour maintenir son emprise sur l'héritière. Ces rites consistent à faire fondre du plomb pour, selon les croyances, absorber les mauvaises ondes et libérer les énergies négatives.
Plus inquiétant encore, Sahra M. aurait tenté, entre septembre et décembre 2025, de faire publier un article diffamatoire visant Margaux Primat et sa famille. Un journaliste indépendant, ayant souhaité garder l'anonymat, a témoigné de ces manœuvres qu'il a qualifiées de "chantage pur et simple".
Des conséquences personnelles dramatiques
Les répercussions sur la vie de Margaux Primat sont significatives. Son avocate révèle que sa cliente "n'ose plus résider à Monaco" et serait devenue "persona non grata" dans la principauté. La voyante aurait en effet diffusé des accusations de pratique de magie noire auprès de cercles ciblés à Monaco, participant ainsi à une mise à l'écart sociale de l'héritière.
"Son préjudice moral et financier est important, l'atteinte à sa réputation est grave et la souffrance psychologique endurée est durable", insiste Me El Haïté.
Une procédure judiciaire exceptionnelle
L'affaire est portée devant la justice par le biais d'une citation directe, procédure permettant à la plaignante de saisir directement le tribunal sans passer par le procureur de la République. Margaux Primat réclame 100 000 euros de dommages et intérêts ainsi que la condamnation de la voyante pour les faits qui lui sont reprochés.
Le témoignage du journaliste, qui a mis fin à ses contacts avec Sahra M. et témoigne en faveur de l'héritière, décrit une personne "très bonne pour s'immiscer dans les failles personnelles" de ceux qui la consultent, instaurant "un climat de confiance, mais aussi de peur" tout en encourageant l'isolement familial et social.
Cette affaire met en lumière comment croyances, vulnérabilité personnelle et enjeux financiers peuvent s'entremêler de manière dramatique, même au sein des milieux les plus aisés. Le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse devra maintenant trancher cette affaire complexe où se mêlent droit pénal, psychologie et pratiques ésotériques.



