Ce lundi 29 juin 2026, la cour d'appel de Monaco a examiné le cas de Kristina, 38 ans, qui avait provoqué un accident spectaculaire le 1er mars 2026 en percutant le tunnel Louis-II à bord de sa Ferrari 296 GTB, lancée à 190 km/h. Remise en liberté le 10 juin sous contrôle judiciaire avec un cautionnement de 500 000 euros, elle comparaissait libre pour "blessures involontaires aggravées", "excès de vitesse" et "défaut de maîtrise".
Des faits qui auraient pu être dramatiques
Ce jour-là, une trottinette, un scooter et un vélo avaient été frôlés par la voiture de sport sur l'avenue Kennedy puis dans le tunnel. La fille de la conductrice, âgée de 14 ans, présente à bord, avait subi 7 jours d'incapacité totale de travail (ITT). Selon les enquêteurs, la vitesse atteinte était de 190 km/h, ce que les avocats de l'Anglo-chypriote ont contesté, demandant une expertise technique pour vérifier d'éventuels dysfonctionnements de la Ferrari.
Des explications toujours floues
Interrogée par le premier président Francis Jullemier-Millasseau, Kristina a peiné à expliquer l'accident : "En appuyant sur la pédale, j'ai senti qu'il se passait quelque chose d'anormal. Ça ne m'était jamais arrivé. Je n'ai jamais cherché les émotions fortes, ni à enfreindre la loi, ni à faire du mal à quiconque. Je le regrette et j'ai honte d'être devant vous."
Le substitut du procureur général, Thibault Druon, a estimé qu'il ne s'agissait pas d'un accident anodin : "Madame s'est crue sur le circuit du Grand Prix. Elle ralentit, s'arrête, laisse partir les voitures devant puis accélère." Il s'est appuyé sur les images de vidéosurveillance montrant un premier passage à 140 km/h dans le même tunnel, et sur les propos apeurés de la fille de la prévenue. Celle-ci, absente au procès, a renoncé à se constituer partie civile.
Des réquisitions clémentes
Le substitut a requis 2 ans de prison dont 4 mois ferme, une interdiction de conduire pendant 5 ans à Monaco, des amendes et la confiscation de la Ferrari. Compte tenu de la détention déjà effectuée (trois mois) et des remises de peine, il a estimé que Kristina ne retournerait pas en prison.
L'avocat de la défense, Me Vincent Brengarth (Paris), assisté de Me Clyde Billaud, a plaidé le caractère isolé de l'acte : pas d'antécédent judiciaire, pas d'alcool ni de stupéfiants, un véhicule puissant capable d'atteindre 100 km/h en 2 à 3 secondes. "Il faut opérer une distinction entre la prise de conscience de la gravité des faits et les explications de son comportement", a-t-il déclaré, ajoutant que "vous n'avez pas matière à caractériser une faute lourde".
Un enjeu familial crucial
Au-delà de la peine pénale, Kristina joue gros sur le plan civil : la garde de ses trois enfants. En conflit ouvert avec son ex-mari, dont la relation est qualifiée de "désastreuse", elle risque de perdre la garde. Le père, lui, doit comparaître en novembre devant le tribunal correctionnel pour violences sur mineur. Le délibéré de l'affaire a été fixé au 5 octobre.



