Deux ex-policiers condamnés pour avoir remplacé de la cocaïne par du plâtre
Ex-policiers condamnés pour substitution de cocaïne par du plâtre

Deux anciens policiers de la brigade des stupéfiants lourdement condamnés

Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé ce mardi des peines sévères à l'encontre de deux anciens fonctionnaires de la brigade des stupéfiants. Thierry C., 60 ans, et Christophe J., 50 ans, ont été condamnés respectivement à cinq et quatre ans d'emprisonnement pour avoir subtilisé et remplacé des saisies de cocaïne par des substances inertes.

Un détournement systématique de drogue

L'enquête judiciaire a révélé que les deux hommes, anciens collègues de nuit au sein de la brigade parisienne, avaient procédé à pas moins de huit substitutions entre juin 2020 et leur arrestation en décembre 2022. Au total, ce sont neuf kilogrammes de cocaïne qui ont été détournés, avec une valeur marchande estimée jusqu'à 630 000 euros.

La méthode employée était particulièrement élaborée : après avoir prélevé la poudre blanche, les deux ex-policiers la remplaçaient par du plâtre ou de la pâte à sucre, puis reconditionnaient le tout dans les pochons d'origine pour éviter toute suspicion.

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Des peines avec mandat de dépôt à effet différé

Le tribunal a prononcé les peines d'emprisonnement avec mandat de dépôt, mais « à effet différé ». Thierry C., présenté comme le meneur de l'opération, a également vu la confiscation des 600 000 euros saisis sur ses comptes bancaires durant l'enquête.

Les magistrats ont toutefois pris une décision différente des réquisitions du parquet concernant Christophe J., renonçant à lui infliger l'amende de 200 000 euros initialement demandée. Les deux hommes se voient par ailleurs interdire définitivement toute fonction publique, alors qu'ils avaient déjà été radiés de la police nationale.

Des explications jugées peu convaincantes

À la barre, les accusés ont tenté de justifier leurs actes par un ensemble de circonstances personnelles difficiles : une séparation amoureuse, l'anxiété liée à la pandémie de Covid-19, et surtout le harcèlement qu'ils affirmaient subir de la part d'un supérieur hiérarchique.

« C'est le truc le plus débile, le plus idiot, le plus grave que j'ai fait. Mais on n'est pas reconnu, on nous prend pour des moins que rien. Eh bien puisque c'est comme ça, on se comporte comme des moins que rien », avait déclaré Thierry C. lors de l'audience.

Les deux hommes ont également expliqué que l'imminence de l'accouchement de la compagne de Thierry C. avait agi comme un électrochoc, les poussant à mettre fin à leurs agissements et à se débarrasser de la drogue stockée dans les toilettes du commissariat.

Un jugement sévère face à des motivations « opaques »

Le tribunal a cependant rejeté ces explications, estimant que « le mobile invoqué est peu entendable » et que les « raisons réelles du passage à l'acte demeurent opaques ». Les magistrats ont déploré une « posture qui s'analyse comme une manière de se déresponsabiliser et se poser en victime d'un système ».

L'instruction n'a pas permis de caractériser une quelconque « cession » de la drogue détournée, limitant les poursuites à la détention et au transport de stupéfiants. Les deux anciens policiers avaient été interpellés en décembre 2022, placés en détention provisoire, puis remis en liberté avant leur jugement.

Cette affaire met en lumière les défaillances possibles au sein même des services chargés de lutter contre le trafic de drogue, et soulève des questions sur les contrôles internes dans les unités spécialisées de la police judiciaire parisienne.

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