Anciens policiers parisiens condamnés pour détournement de cocaïne
Thierry C., 61 ans, et Christophe J., 51 ans, anciens policiers de la brigade des stupéfiants de Paris, ont été sévèrement condamnés, mardi 24 février, par la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Ils écopent respectivement de cinq ans et quatre ans d'emprisonnement ferme, assortis d'une interdiction définitive d'exercice de leurs fonctions. Les deux hommes sont reconnus coupables d'avoir détourné des stupéfiants, notamment des scellés de cocaïne, et d'avoir falsifié des procès-verbaux dans le cadre de leurs missions.
Des peines lourdes et des sanctions financières
Contre Thierry C., qui était le supérieur hiérarchique de Christophe J., le tribunal a prononcé la confiscation des sommes saisies sur ses comptes bancaires, s'élevant à 616 626 euros. La décision judiciaire a été assortie d'un mandat d'arrêt différé, ce qui signifie que les deux hommes, ayant déjà effectué deux ans de détention provisoire, vont retourner en prison sous peu. Ils ont par ailleurs été radiés de la police nationale, avec une diminution du montant de la retraite pour Thierry C.
Une affaire révélée par une vérification de routine
L'affaire a éclaté à la suite d'une vérification de routine. En juin 2021, une juge chargée de l'instruction d'un dossier de trafic de stupéfiants a ordonné une nouvelle analyse des stupéfiants saisis lors d'une perquisition. L'objectif était de connaître précisément leur taux de cocaïne. La surprise a été totale : alors que les échantillons scellés et étiquetés à la brigade des stupéfiants affichaient initialement un taux de 89 % de cocaïne, celui-ci n'était plus que de 1 à 3 % lors de la deuxième analyse. Le reste était composé de plâtre, révélant une substitution frauduleuse.
Une enquête approfondie de l'Inspection générale de la police nationale
L'Inspection générale de la police nationale, chargée de l'enquête, a établi que ces scellés avaient été réalisés par Thierry C. et Christophe J., deux policiers expérimentés affectés au travail de nuit. Une vérification menée sur d'autres scellés, réalisés par le même binôme, a révélé des falsifications et des détournements similaires. Le contenu de cocaïne avait été remplacé par du bicarbonate ou de l'amidon dans plusieurs cas, confirmant un système organisé de malversations.
Des aveux et des motivations troubles
Interpellés et placés en garde à vue en décembre 2022, les deux policiers ont initialement gardé le silence. Ils ont finalement passé aux aveux devant le juge d'instruction, en indiquant avoir voulu se venger de leur hiérarchie, qu'ils accusaient de les maltraiter. Selon leurs déclarations, la cocaïne détournée avait été cachée dans un faux plafond de la salle de douche des femmes à la brigade. Sur leurs indications, des sacs-poubelle vides et des gants ont été retrouvés à l'endroit désigné. Thierry C. a assuré avoir tout jeté dans les toilettes en novembre 2022, déclarant à Christophe J. : « Il faut arrêter nos conneries et s'en débarrasser. »
Un détournement massif estimé à 9 kilos de cocaïne
Les enquêteurs estiment à 9 kilos le poids de la cocaïne subtilisée dans huit procédures différentes sur une période de deux ans. Cette affaire met en lumière des failles graves dans la gestion des scellés au sein de la brigade des stupéfiants de Paris, soulevant des questions sur les contrôles internes et l'intégrité des procédures policières. Les conséquences judiciaires et professionnelles pour les deux anciens policiers sont désormais irréversibles, marquant un épisode sombre dans les annales de la police française.



