France nature environnement (FNE) a saisi le tribunal administratif de Paris ce jeudi pour contraindre l'État à mieux protéger les captages d'eau potable, contaminés par les pesticides, comme le rapporte Libération. La fédération d'associations environnementales accuse l'État d'une "carence fautive" dans la préservation de ces ressources essentielles.
Selon Libération, une proposition de loi écologiste sur le sujet avait été retirée en février après des débats houleux. Le sujet suscite une forte opposition des syndicats agricoles majoritaires, qui y voient une contrainte supplémentaire pour les agriculteurs.
Pia Savart, juriste pilotant le recours pour "carence fautive", a expliqué au quotidien que l'objectif est d'obliger l'État à mettre en place des plans d'action interdisant les épandages de pesticides autour des zones de captage fragiles. "Un nombre croissant de rapports constate la contamination des eaux et des coûts de dépollution de plus en plus élevés", précise-t-elle. "Les solutions curatives comme l'osmose inverse ou le charbon actif coûtent des milliards. Il faut accélérer sur les solutions préventives, bien plus rentables. L'idée est d'avoir des nappes phréatiques et des rivières plus propres en amont pour réduire les traitements en aval."
FNE, qui regroupe 6 000 associations de protection de la nature, estime le préjudice écologique à environ 900 millions d'euros et demande que cette somme soit reversée aux agences de l'eau, "qui ont des programmes pour aider les agriculteurs à sortir des pesticides dans ces zones".
Impact "vertigineux" des polluants éternels
Par ailleurs, une directive européenne impose depuis le 1er janvier 2026 une limite de qualité de l'eau potable fixée à moins de 100 nanogrammes par litre pour la somme des concentrations de 20 Pfas (polluants éternels). L'impact probable de ces substances sur la santé est "vertigineux", déclarait le 14 avril dernier à Midi Libre Xavier Coumoul, professeur de toxicologie à l'université Paris Cité : cancers, perturbations métaboliques, retards de croissance, baisse de la réponse immunitaire, etc.
Cette action en justice s'inscrit dans un contexte de préoccupation croissante concernant la qualité de l'eau en France, où de nombreux captages sont contaminés par les pesticides et autres polluants. FNE espère que cette démarche forcera l'État à prendre des mesures préventives efficaces pour protéger la santé publique et l'environnement.



