Christelle et Delphine, deux mères françaises, ont déposé un recours contre TikTok, accusant le réseau social chinois d'avoir nourri et aggravé le mal-être de leurs filles. La fille de Christelle, Stella, 17 ans, a fait plusieurs tentatives de suicide après avoir subi un viol avec violences. Celle de Delphine, Charlize, s'est donné la mort le 22 novembre 2023 à l'âge de 15 ans, victime de harcèlement scolaire et réfugiée dans le défilement infini de vidéos TikTok, cachant sa souffrance à ses proches.
Un combat commun au sein du collectif Algos Victima
Les deux femmes se soutiennent mutuellement dans leur peine et leur combat au sein du collectif Algos Victima, qui regroupe des familles touchées par les effets néfastes des algorithmes sur les jeunes. Elles ont témoigné ensemble le 9 juin 2026 à Tourette-Levens, dans le sud de la France. Leur recours vise à mettre en lumière la responsabilité de TikTok dans la dégradation de la santé mentale des adolescents.
Des accusations précises contre la plateforme
Selon Christelle et Delphine, TikTok utilise des algorithmes conçus pour maximiser le temps passé sur l'application, en proposant un contenu addictif et parfois nocif. « Charlize était une ado toujours souriante et très sociable, qui adorait le sport et nous suivait partout, son père et moi, même en snowboard ou en parapente », se souvient Delphine, la gorge nouée. « Mais elle s'est réfugiée dans TikTok pour échapper au harcèlement scolaire, et l'algorithme a amplifié son mal-être. »
Un phénomène de société alarmant
L'affaire s'inscrit dans un contexte plus large de préoccupation croissante concernant l'impact des réseaux sociaux sur la santé mentale des jeunes. Selon une étude de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives, 45 % des adolescents de 15 à 17 ans déclarent passer plus de deux heures par jour sur TikTok, et 12 % présentent des signes de dépendance. Le recours des deux mères espère faire jurisprudence et contraindre TikTok à modifier ses algorithmes.



