Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a reconnu lundi un « terrible échec » de l'action de l'État et de la justice dans l'affaire Lyhanna, une adolescente de 14 ans violée et assassinée en janvier 2025 en Seine-et-Marne. Lors d'une intervention sur le plateau de BFMTV, il a appelé à une « mobilisation générale » de l'ensemble des acteurs judiciaires et sociaux pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.
Un constat accablant
M. Darmanin a détaillé les multiples défaillances qui ont jalonné le parcours de Lyhanna. La jeune fille avait été placée à plusieurs reprises en foyer, mais avait fugué à chaque fois. Les services sociaux et la justice avaient été alertés à de nombreuses reprises, mais les mesures de protection n'ont pas été suffisantes. « Il y a eu un manque de coordination entre les services, un manque de moyens et parfois un manque de réactivité », a-t-il déclaré, ajoutant que « la justice n'a pas été à la hauteur ».
Les faits reprochés
Lyhanna avait été repérée par un homme de 23 ans, déjà connu des services de police pour des faits de violences. Malgré un signalement, le parquet n'avait pas ordonné de mesure d'éloignement. Le 15 janvier 2025, le corps de l'adolescente a été retrouvé dans un bois, après avoir été violée et tuée. Le principal suspect a été mis en examen et incarcéré.
Les mesures annoncées
Face à ce drame, le ministre de la Justice a annoncé plusieurs mesures. Tout d'abord, un renforcement des moyens humains et financiers des services de protection de l'enfance. Ensuite, la création d'un fichier national des personnes condamnées pour violences sur mineurs, afin de mieux suivre les récidivistes. Enfin, la mise en place d'une cellule d'évaluation rapide au sein de chaque parquet pour traiter les signalements d'enfants en danger.
« Nous devons agir vite et fort », a insisté M. Darmanin, qui a également demandé une évaluation des pratiques professionnelles dans tous les départements. Il a promis que l'État « fera tout pour que justice soit rendue à Lyhanna ».
Réactions politiques
L'opposition n'a pas tardé à réagir. La députée écologiste Sandrine Rousseau a dénoncé « un échec systémique » et réclamé une commission d'enquête parlementaire. De son côté, le Rassemblement national a pointé du doigt « l'immigration massive » et « la défaillance de l'État ». Le gouvernement, quant à lui, assure vouloir tirer les leçons de cette tragédie.
L'affaire Lyhanna a profondément ému l'opinion publique et relancé le débat sur la protection de l'enfance en France. Les associations de défense des droits des enfants espèrent que les annonces du ministre ne resteront pas lettre morte.



