Camille F., une docteure en épidémiologie âgée de 34 ans, a été condamnée mercredi 10 juin 2026 à douze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises spéciale de Paris. Elle avait rejoint l’organisation État islamique (EI) en Syrie en 2013, où elle avait épousé un combattant et avait eu plusieurs enfants. Après avoir été rapatriée en France en 2019, elle était jugée pour association de malfaiteurs terroriste et pour avoir participé à des activités criminelles au sein de l’EI.
Un parcours scientifique atypique
Titulaire d’un doctorat en épidémiologie, Camille F. avait abandonné sa carrière en France pour partir en Syrie avec son mari, un Français converti à l’islam radical. Sur place, elle avait travaillé dans un hôpital de l’EI, où elle aurait soigné des blessés et participé à la gestion des ressources médicales. Les enquêteurs ont estimé qu’elle avait mis ses compétences au service de l’organisation terroriste, ce qui a justifié la lourde peine. Son avocat a plaidé qu’elle n’avait jamais été impliquée dans des actes violents et qu’elle avait tenté de fuir l’EI à plusieurs reprises, mais les juges ont retenu sa responsabilité pénale.
Les débats autour de la peine
Le verdict a suscité des réactions contrastées. Les parties civiles ont salué une décision « juste et proportionnée », tandis que la défense a annoncé son intention de faire appel. Cette affaire soulève des questions sur le traitement judiciaire des femmes ayant rejoint l’EI, souvent perçues comme des victimes ou des complices. Camille F. est la première scientifique de haut niveau condamnée pour terrorisme en France, ce qui pourrait faire jurisprudence.
La condamnation intervient dans un contexte de lutte antiterroriste renforcée, où les autorités cherchent à juger tous les ressortissants ayant participé au djihadisme. Les douze années de prison, assorties d’une période de sûreté des deux tiers, marquent une peine exemplaire pour dissuader d’autres profils similaires.



