Un incendie qui aurait pu être fatal. Ce mardi 13 mai, la cour d'appel de Montpellier a examiné la demande de remise en liberté de Manuel Jory, 51 ans, accusé d'avoir tenté d'immoler son épouse Fanny le 18 juillet 2022 à Narbonne. L'avocat général s'est fermement opposé à cette demande, soulignant le danger que représente cet homme pour sa victime.
Un acte prémédité
Ce jour-là, Fanny rentrait chez elle, avenue Carnot, après avoir promené ses chiens. Elle découvre alors son mari affairé sur le balcon, déversant un jerrican d'essence. "Tu vas brûler avec !" lui crie-t-il avant de jeter un chiffon enflammé dans sa direction. La victime a juste le temps de tirer la baie vitrée pour se protéger. Les flammes ravagent le balcon : tout est carbonisé. Selon l'expert, entre 4 et 5 litres d'essence ont été déversés, présentant un réel danger. Seule la baie vitrée a protégé Fanny, avant d'éclater sous l'effet de la chaleur.
Un lourd passé judiciaire
Manuel Jory, déjà condamné à 26 reprises entre 1989 et 2011, dont trois pour destruction par incendie, avait annoncé ses intentions. Une semaine avant les faits, Fanny avait reçu un message menaçant : "Appelle-moi, ou je te brûle la maison. L'essence, ça brûle bien, tu vas me le payer, je vais me venger." La veille, il l'avait contactée 37 fois, et le jour même, avant 8h50, il lui avait déjà envoyé 108 SMS et passé 56 appels. Trois mois plus tôt, il avait cassé à coups de masse le volet roulant de son appartement.
Un contexte de séparation
Le couple se connaissait depuis 14 ans et s'était marié en 2020. Mais Fanny avait décidé de se séparer un an plus tard, en raison du comportement changeant de son mari. Cette séparation a été très mal vécue par Manuel, qui a multiplié les menaces. Interpellé rapidement après les faits, il a d'abord nié, puis expliqué avoir voulu "l'effrayer, sans penser que cela pourrait être dangereux". Il a ajouté : "Si j'avais eu l'intention de la tuer, je l'aurais aspergée directement d'essence."
Des menaces depuis la prison
Incarcéré, Manuel Jory a continué à menacer Fanny par téléphone. "Fais-toi petite au tribunal, plus tu m'enfonces, plus je t'enfonce. Si je prends dix ans, je vais t'attendre." Il a été condamné en 2023 à deux ans de prison pour ces faits. Fanny, qui craint sa libération, garde en mémoire l'odeur de la fumée. Elle a déclaré au juge d'instruction : "Il n'y a pas de doute qu'il voulait me tuer."
Manuel Jory, qui souffre de la maladie de Parkinson, a plaidé pour sa remise en liberté, affirmant vouloir reprendre son activité de peintre en bâtiment, interrompue depuis trente ans. La décision sera rendue le 20 mai.



