Ce lundi 29 juin, à la veille de l'examen du projet de loi Darmanin à l'Assemblée nationale, les avocats du Barreau de Montpellier se sont rassemblés dans le hall du tribunal judiciaire pour exprimer leur opposition persistante à la réforme de la justice criminelle. Le bâtonnier Pierre Lafont a mené la protestation, dénonçant des articles qui « portent atteinte aux libertés fondamentales ».
Des procédures simplifiées pour des motifs budgétaires
Bien que le principe du plaider-coupable criminel ait été retiré du texte, neuf autres articles restent contestés. Selon Pierre Lafont, « ces articles trahissent la volonté de créer une justice industrielle, là où on attend une justice protectrice des libertés fondamentales ». Il a ajouté que « si les pouvoirs publics créent des procédures simplifiées, accélérées, aux dépens des libertés fondamentales, c'est bien sûr, entre autres, pour des motifs budgétaires ».
Le bâtonnier a également pointé du doigt le maintien en détention provisoire malgré des irrégularités, citant l'exemple d'un étudiant qui risquerait de perdre un semestre d'études sans indemnisation.
Mépris des droits de la défense
La vice-bâtonnière Marie-Hélène Vedel-Salles a dénoncé des articles « au mépris des droits de la défense, notamment le problème des nullités ». Elle a expliqué que « le temps pour consulter le dossier et soulever des nullités est réduit dans cette réforme, alors qu'une nullité est le socle d'un procès ». Elle a également souligné que la réforme est défavorable aux victimes, qui ne seront pas entendues comme elles devraient l'être.
Une réforme perverse pour les effectifs
Un autre grief concerne la répartition des magistrats. « Là où cette réforme est perverse, c'est qu'on nous dit que pour accélérer les choses, on va prendre des juges professionnels. Comme on manque de magistrats, on va prendre des juges du civil pour aller compléter les cours criminelles », a déclaré Pierre Lafont. Il a noté qu'une procédure en appel au civil dure déjà quatre à cinq ans, dénonçant un transfert de ressources sans solution durable.
Le rassemblement a reçu le soutien de l'École des avocats du Centre Sud, avec la présence de son président, le bâtonnier Pierre Chatel, qui a exprimé son soutien « tant pour les avocats d'aujourd'hui que pour les avocats de demain ».



