La cour d'appel de Paris a condamné mercredi 1er juillet 2026 l'actrice Isabelle Adjani à 10 mois d'emprisonnement avec sursis et 10 000 euros d'amende. Cette décision réduit drastiquement la peine de première instance, prononcée en décembre 2023 par le tribunal correctionnel de Paris, qui était de deux ans d'emprisonnement avec sursis et 250 000 euros d'amende. La défense de la star de 71 ans a annoncé un pourvoi en cassation, estimant qu'elle est "coupable d'être victime".
Une peine largement allégée
"Tout ça pour ça, la sanction pénale est drastiquement diminuée", a déclaré à l'AFP Maître David Lepidi, l'un des avocats d'Isabelle Adjani. Il s'est dit "extrêmement soulagé" par l'arrêt de la cour d'appel, tout en annonçant son intention de se pourvoir en cassation. L'actrice a été reconnue coupable de s'être fictivement domiciliée au Portugal en 2016 et 2017, d'avoir dissimulé une donation en prêt en 2013 et d'avoir fait transiter une somme via les États-Unis en 2014.
Une "phobie administrative"
Isabelle Adjani, qui se dit phobique administrative, avait dénoncé les agissements de l'un de ses conseillers fiscaux, qui avait promis de "remettre de l'ordre dans ses affaires". "Faussement, comme tous les prédateurs que j'ai eu la chance de croiser sur ma route", selon l'actrice. Lors de son procès en appel début avril, elle s'était estimée "punie d'avoir été volée" et "coupable d'être victime".
Une "proie idéale"
"Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux", avait plaidé Isabelle Adjani, se défendant d'être "une voleuse". Non sans émotion, elle s'était décrite comme une "proie idéale", "victime d'escroqueries successives" bien au-delà du cadre fiscal. Dans une tirade à la barre, l'actrice aux cinq César s'était dite "dépourvue de cette capacité à 'stratégiser'" une fraude fiscale : "J'en suis incapable, je ne sais pas compter, je m'en fous d'avoir quoi que ce soit."
La position du fisc
"Il est évident qu'elle était résidente en France avec une résidence non habituelle au Portugal", avait fait valoir Maître Ralph Boussier, l'avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). "C'est une personne qui a l'essentiel de ses centres d'intérêt en France, elle doit déclarer en France", avait-il conclu.



