La justice administrative assouplit les conditions de parloir de Salah Abdeslam
Seul membre encore en vie des commandos meurtriers du 13 novembre 2015, Salah Abdeslam va de nouveau pouvoir bénéficier de contacts physiques lors des visites qu'il reçoit au parloir de la prison de Vendin-le-Vieil. La justice administrative a ordonné d'assouplir les conditions de parloir de ce détenu condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015, selon une information confirmée vendredi.
La fin des parloirs avec hygiaphone
Depuis le mois de novembre dernier, les visites de Salah Abdeslam avaient lieu dans des parloirs équipés d'un hygiaphone, une vitre empêchant tout contact direct entre le détenu et ses visiteurs. Cette mesure avait été instaurée par le directeur du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil après qu'une clé USB chargée de documents liés à la propagande d'organisations terroristes lui avait été remise lors d'une visite.
Dans son ordonnance en référé rendue mercredi, le tribunal administratif de Lille a cependant décidé de mettre fin à cette restriction. Le juge a estimé que l'administration pénitentiaire « n'avance aucun élément de nature à laisser présumer qu'il y aurait lieu de soupçonner » les autres titulaires de permis de visite, membres de sa famille et sa nouvelle compagne, d'être « susceptibles de lui transmettre des objets interdits ».
Le maintien de l'isolement confirmé
Le tribunal administratif de Lille a en revanche refusé de suspendre le maintien à l'isolement de Salah Abdeslam, détenu à la prison de haute sécurité de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais. Placé à l'isolement depuis près de dix ans, il reste soumis à ce régime strict malgré l'assouplissement des conditions de parloir.
Le juge a particulièrement souligné l'importance des visites pour Salah Abdeslam, au regard de son régime d'isolement prolongé. « En raison de l'atteinte au maintien de ses liens familiaux, la condition d'urgence était remplie pour prendre une décision en référé », a précisé le tribunal dans son ordonnance.
Contexte de l'affaire de la clé USB
Cette décision intervient dans le contexte de l'affaire de la clé USB qui avait conduit au renforcement des mesures de sécurité. En novembre dernier, Salah Abdeslam avait été placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête sur la détention de cette clé USB chargée, selon le parquet national antiterroriste (Pnat), de documents ayant « trait à la propagande officielle d'organisations terroristes, État islamique ou Al-Qaïda ».
Cette clé USB lui avait été remise lors d'une visite au parloir par son ex-compagne, Maëva B., qui a été doublement mise en examen et incarcérée. Elle est aussi soupçonnée d'être impliquée dans un projet d'attentat déjoué, sans lien avec Abdeslam.
Le tribunal a cependant relevé que « à la date de la présente ordonnance, aucune suite judiciaire n'a été donnée » aux mesures de garde à vue prises contre Salah Abdeslam concernant cette clé USB. Le juge a également noté que les visites familiales ont lieu pour la plupart depuis 2016 « sans qu'aucun incident n'ait été signalé ».
Cette décision de justice marque donc un assouplissement notable des conditions de détention de Salah Abdeslam concernant ses contacts avec l'extérieur, tout en maintenant le régime strict d'isolement auquel il est soumis depuis son incarcération.



