En ce dernier jour d'un réquisitoire en trois temps, Nicolas Sarkozy fut, comme à son habitude depuis le début du procès dit des financements libyens, le premier parmi les prévenus à pénétrer dans la majestueuse salle d'audience de la cour d'appel de Paris. Il fut aussi le dernier à quitter le prétoire, après s'être entretenu pendant un long moment avec ses six avocats et ses trois conseillers, réunis en cercle autour de lui, au terme des réquisitions des avocats généraux ayant demandé une peine de 7 ans de prison fermes à son encontre.
Un conciliabule improvisé où il fut quasiment le seul à s'exprimer, son équipe de défense et ses proches l'écoutant attentivement en opinant du chef. Lui appuyant son propos par des mouvements répétés de son bras droit, comme trop pressé de parler après avoir dû écouter sans mot dire la lourde et sévère charge des avocats généraux laquelle s'est étirée sur plus de 17 heures depuis lundi. A la sortie de la salle d'audience, l'ancien chef de l'Etat s'est éclipsé sans s'arrêter devant le mur de caméras et de micros qui l'attendait.
« Gravité des faits »
Sur le fond, les réquisitions du parquet général rejoignent en tous points celles du Parquet national financier (PNF) en première instance : sept ans de prison ferme, une amende de 300 000 euros et une peine d'inéligibilité de 5 ans. Le parquet général a souligné la « gravité des faits » et le rôle central de Nicolas Sarkozy dans ce système de financement occulte présumé.
Ce réquisitoire sévère, prononcé sur trois jours, a mis en avant les preuves accumulées par l'accusation, notamment les témoignages et les documents démontrant l'implication de l'ancien président dans des transactions suspectes avec le régime libyen de Mouammar Kadhafi. La défense de Nicolas Sarkozy, qui plaide l'innocence, aura désormais la parole pour tenter de contester ces accusations.
L'audience a été marquée par une tension palpable, l'ancien chef de l'Etat affichant une détermination calme mais visiblement affecté par la lourdeur des peines requises. Ses avocats ont déjà annoncé qu'ils contesteraient vigoureusement ces réquisitions, dénonçant un dossier « vide » et une procédure « partiale ».
La décision de la cour d'appel est attendue dans les prochaines semaines, après les plaidoiries de la défense. Ce procès, qui a captivé l'opinion publique, pourrait sceller définitivement le sort judiciaire de Nicolas Sarkozy dans cette affaire emblématique de la corruption politique en France.



