Le conseil municipal de Menton a adopté, le 30 juin 2026, une délibération autorisant la signature de conventions de bénévolat avec les associations sportives et culturelles de la ville. Objectif : coanimer les manifestations destinées aux jeunes, afin de soulager le service jeunesse municipal, jugé trop sollicité. La mesure, proposée par le service lui-même, a été présentée par Sophie Eckenberg, adjointe à la jeunesse. Selon elle, « le public pourra ainsi bénéficier d’animations, de démonstrations ou encore d’initiations à différents sports, activités pédagogiques ou ludiques ».
Une opposition qui dénonce un manque de moyens
Le groupe d’opposition « Nouvel élan pour Menton » a vivement critiqué cette décision. Cédric Monteiro, son représentant, estime que « le service jeunesse est devenu la dernière roue du carrosse de la ville ». Il déplore une précarisation des jeunes agents, payés à des tarifs horaires indignes, et accuse la majorité de demander aux associations de combler les lacunes au lieu de renforcer le service. Il pointe également l’absence de réciprocité, citant l’exemple du Rapid de Menton : « Après 15 ans, ils retrouvent le niveau régional, avec uniquement des joueurs du bassin mentonnais. Pourtant, vous n’avez pas daigné les recevoir, ni proposé le moindre soutien concret. »
Une solution de court terme pour un « mal profond »
Gilles Perez, conseiller municipal délégué aux sports, reconnaît que « le gros problème c’est qu’il y a trop d’animations à Menton, nos agents sont en permanence sur le terrain ». Il illustre le déséquilibre : une animation handball a réuni 540 sportifs pour une seule animatrice, tandis qu’une initiation au biathlon n’a attiré que 30 à 40 enfants… pour plus de huit animateurs. « Il faut repenser tout cela pour que ce soit en adéquation. Mais accordez-nous du temps : c’est un mal assez profond, on ne va pas le régler en cinq minutes », ajoute-t-il.
Un besoin immédiat face à des associations en vacances
Le premier adjoint, Jean-Christophe Storaï, défend la délibération comme une réponse à un besoin immédiat. Cédric Monteiro s’interroge sur la temporalité : « On va régler un problème à l’instant T. Sauf que nous sommes en période estivale, et que les associations sont toutes en vacances. Autant dire que les critères ne seront peut-être plus les mêmes en octobre… » Jean-Christophe Storaï répond : « Il faut vivre dans le présent : on essaie de colmater une brèche. Mais en effet, dans le futur, il faudra prévoir quelque chose de plus pérenne. »
Une opposition propose un accord gagnant-gagnant
Le groupe « Nouvel élan pour Menton » suggère une alternative : une augmentation des subventions indexée sur les projets pédagogiques ou le niveau sportif, en contrepartie d’une implication plus forte des associations auprès du service jeunesse. Une proposition visant à établir une réciprocité équitable, loin d’une convention à sens unique selon Cédric Monteiro.



