L'historien Gildas Bregain, spécialiste du handicap, revient sur l'évolution du concept d'autonomie pour les personnes handicapées. Selon lui, si le terme est récent, l'aspiration à l'autonomie est universelle et atemporelle.
Un concept moderne, une aspiration ancienne
Dans son dernier ouvrage, Gildas Bregain explore les racines historiques de l'autonomie des personnes handicapées. Il explique que le mot « autonomie » n'a été appliqué aux personnes handicapées qu'à partir du XXe siècle, mais que des figures historiques ont toujours lutté pour leur indépendance.
« Dès l'Antiquité, des personnes handicapées ont cherché à vivre de manière autonome, malgré les obstacles sociaux et physiques », déclare-t-il. Il cite l'exemple de poètes aveugles de la Grèce antique ou de philosophes en fauteuil roulant.
Les avancées du XXe siècle
Le XXe siècle a marqué un tournant avec les mouvements pour les droits des personnes handicapées. Les associations ont revendiqué l'autonomie comme un droit fondamental, menant à des lois comme l'ADA aux États-Unis ou la loi handicap en France.
Bregain souligne que ces progrès sont le fruit de luttes collectives, mais aussi d'innovations technologiques, comme le fauteuil roulant électrique ou les logiciels de synthèse vocale.
Des défis persistants
Malgré ces avancées, l'autonomie reste un défi pour de nombreuses personnes handicapées. L'accessibilité des bâtiments, des transports et des technologies est encore insuffisante. De plus, le regard social sur le handicap évolue lentement.
« L'autonomie ne se limite pas à la capacité physique, elle implique aussi la liberté de choix et la participation sociale », insiste l'historien. Il appelle à une prise de conscience collective pour dépasser les barrières.
Un appel à l'action
Pour Gildas Bregain, l'histoire montre que l'autonomie est une aspiration humaine fondamentale. Il encourage chacun à contribuer à une société inclusive, où chaque personne, quelles que soient ses capacités, puisse vivre pleinement son autonomie.
« L'autonomie n'est pas un privilège, c'est un droit. Et ce droit a toujours été revendiqué, même si le mot est récent », conclut-il.



