Un quart des parents jugent encore la fessée efficace malgré la loi de 2019
Fessée : un quart des parents la jugent efficace malgré la loi

La persistance des violences éducatives ordinaires en France

Sept années se sont écoulées depuis l'adoption de la « loi anti-fessée » du 10 juillet 2019, et pourtant, un quart des parents français continuent de juger ce geste efficace et acceptable dans un but éducatif. C'est ce que révèle le baromètre sur les violences éducatives ordinaires publié vendredi par la Fondation pour l'enfance, une enquête réalisée tous les deux ans par l'Ifop.

Une normalisation inquiétante des pratiques

« Les violences éducatives ordinaires (VEO) restent profondément banalisées, voire normalisées », déplore la Fondation pour l'enfance. Les chiffres du sondage sont éloquents :

  • 32% des parents estiment que certains enfants ont besoin de punitions corporelles pour apprendre à bien se comporter.
  • 25% jugent que la fessée est une méthode efficace pour éduquer un enfant.
  • 23% considèrent que les parents qui utilisent des punitions corporelles ont raison de le faire.
  • 40% pensent que l'enfant apprend ce qui est bien ou mal grâce aux punitions corporelles.

La loi de 2019 avait pourtant inscrit noir sur blanc dans le code civil que « l'autorité parentale » s'exerce « sans violences physiques ou psychologiques ». Avec ce texte, la France était devenue le 56e pays à bannir ce type de violences. Un arrêt de la Cour de Cassation en janvier dernier a enfoncé le clou en rappelant qu'aucun droit de correction parental n'existait dans la loi française.

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Des violences encore très présentes au quotidien

Malgré le cadre légal, « la légitimation de ces pratiques comme outils pédagogiques persiste », regrette la Fondation pour l'enfance. L'enquête menée en partenariat avec l'équipe de recherche Prévéo montre que les « violences ordinaires » perdurent dans les foyers français :

  • 68% des parents déclarent avoir déjà « hurlé ou crié après l'enfant » au cours des 12 derniers mois.
  • 30% ont donné « une tape sur la main, le bras ou la jambe ».
  • 19% ont « utilisé des mots dévalorisants comme stupide ou paresseux ».

Au total, 83% des parents rapportent au moins une violence verbale ou psychologique, et 37% au moins une violence physique au cours de l'année écoulée. Ces chiffres montrent que la prise de conscience reste incomplète malgré les efforts législatifs.

Méthodologie de l'étude

Le sondage Ifop a été réalisé en ligne du 30 janvier au 9 février auprès de 1.005 personnes, constituant un échantillon représentatif des parents d'enfants âgés de 0 à 17 ans. Cette troisième édition du baromètre confirme la nécessité de poursuivre les campagnes de sensibilisation sur les alternatives éducatives non violentes.

La Fondation pour l'enfance souligne que l'éducation sans violence reste un objectif à atteindre pour de nombreux foyers français, sept ans après l'adoption d'une loi qui devait marquer un tournant dans les pratiques parentales.

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